La passe
Le temps
est immobile; c'est nous qui passons. On a parfois l'illusion que
c'est le temps qui passe. Rien n'est plus loin de la réalité. La
formule peut paraître anodine alors que c'est l'idée que nous nous
faisons du temps qui crée notre réalité.
Imaginez,
comme il est d'usage de le croire en Occident, que notre temps est
compté, qu'au moment d'entrer en gare rien ni personne ne pourra en
allonger la durée. Ça donne ce que nous connaissons; une réalité
dont la durée détermine l'urgence d'exploiter les ressources. Ça
s'appelle le progrès.
Imaginez,
comme il est d'usage de le croire ailleurs, que le temps est
cyclique. On fait attention à ce qu'on laisse derrière quand on sait
qu'on le retrouvera demain; on fait attention aux anciens quand on
sait que nous sommes appelés à les remplacer. Ces gens là n'ont pas
tout faux.
Imaginez,
maintenant, que le temps est éternel, que les générations futures
hériteront de cette réalité que les ancêtres avaient souhaitée la
plus propice qui soit. Ceux qui croient que le temps est éternel ne
risquent pas de laisser derrière un État endetté et des ressources
épuisées.
Quand
j'imagine ce que nos descendants penseront de nous, leurs ancêtres,
je doute qu'ils éprouvent le même respect que celui qu'inspire le
souvenir de nos propres ancêtres. Les nôtres avaient trimé dur; les
leurs font la fête même s'ils ne s'amusent pas des masses.
Le
suprémacisme féminin ne comporte d'avantages que pour quelques-unes
de nos contemporaines alors qu'il comporte des inconvénients
importants pour la société dans laquelle vivront mos descendants à
tous. Le désastre est commencé. Pensez-y quand on tentera de vous
faire croire en l'existence du fantôme du Patriarcat.