La Gazette des gonzes

Le 12 novembre 2009


Yves Pageau

La passe

Le temps est immobile; c'est nous qui passons. On a parfois l'illusion que c'est le temps qui passe. Rien n'est plus loin de la réalité. La formule peut paraître anodine alors que c'est l'idée que nous nous faisons du temps qui crée notre réalité.

Imaginez, comme il est d'usage de le croire en Occident, que notre temps est compté, qu'au moment d'entrer en gare rien ni personne ne pourra en allonger la durée. Ça donne ce que nous connaissons; une réalité dont la durée détermine l'urgence d'exploiter les ressources. Ça s'appelle le progrès.

Imaginez, comme il est d'usage de le croire ailleurs, que le temps est cyclique. On fait attention à ce qu'on laisse derrière quand on sait qu'on le retrouvera demain; on fait attention aux anciens quand on sait que nous sommes appelés à les remplacer. Ces gens là n'ont pas tout faux.

Imaginez, maintenant, que le temps est éternel, que les générations futures hériteront de cette réalité que les ancêtres avaient souhaitée la plus propice qui soit. Ceux qui croient que le temps est éternel ne risquent pas de laisser derrière un État endetté et des ressources épuisées.

Quand j'imagine ce que nos descendants penseront de nous, leurs ancêtres, je doute qu'ils éprouvent le même respect que celui qu'inspire le souvenir de nos propres ancêtres. Les nôtres avaient trimé dur; les leurs font la fête même s'ils ne s'amusent pas des masses.

Le suprémacisme féminin ne comporte d'avantages que pour quelques-unes de nos contemporaines alors qu'il comporte des inconvénients importants pour la société dans laquelle vivront mos descendants à tous. Le désastre est commencé. Pensez-y quand on tentera de vous faire croire en l'existence du fantôme du Patriarcat.