Les problématiques masculines
sont-elles dignes d’intérêt ?
Faudrait-il évaluer la légitimité des
problématiques masculines afin de déterminer s’il est pertinent de
leur accorder une tribune ? Ça dépend à qui on pose la question.
En 2002 le gouvernement du Québec a formé le
Comité de travail en matière de prévention et d’aide aux hommes
sous la présidence de Gilles Rondeau. Le Comité reçoit le mandat
de se pencher sur les problématiques masculines. Le rapport du
Comité de travail a été remis au ministre de la Santé en janvier
2004 : Les hommes: s'ouvrir à leurs
réalités et répondre à leurs besoins.
Il comporte
seize recommandations. Elles n’ont jamais eu de suite.
En décembre 2004 une « coalition de groupes de
femmes » publie un texte de
Jean-Claude St-Amant intitulé
Comment fabriquer un problème
dans lequel les co-signataires demandent que le ministère de la
Santé et des Services sociaux ne donne pas suite aux
recommandations contenues dans le rapport du comité présidé par
Gilles Rondeau.
Il est étonnant de retrouver parmi les signataires
de Comment fabriquer un problème la Chaire d’études
Claire-Bonenfant de l’Université Laval et l’Institut de
recherche et d’études féministes de l’UQÀM dont on comprend
mal qu’elles participent à une démarche militante. Les autres
signataires sont une quinzaine d’organismes tous financés par le
gouvernement du Québec.
Le procédé est le même que celui qui avait eu cours
dans l’affaire Jean-François Plante : discréditer la prise de
parole masculine dans le but de conserver le monopole des
organisations politiques fémicentristes sur les ressources gouvernementales.
Il n’est pas possible d’accuser le Comité de
travail en matière de prévention et d’aide aux hommes, de
manquer de crédibilité. Il n’a levé le voile que sur une partie
des problématiques masculines. Si ces problématiques, par la
suite, continuent d’être ignorées à la fois par la classe
politique et par la communauté journalistique il ne faut pas
s’étonner des actions d’éclat qui ont suivi.