Lors
de la campagne électorale de mars 2007 Jean-François Plante, alors
candidat de l’ADQ dans le comté de Deux-Montagnes avait été forcé
d’abandonner la course à mi-parcours en raison des conséquences de
la controverse dont il était l’objet. Quel était le crime
reproché ? Rappelons les faits.
On se
souvient du drame survenu à l’École Polytechnique de Montréal le 6
décembre 1989 au cours duquel un individu avait assassiné 14
femmes pour des raisons qui n’ont jamais été rendues publiques. Le
drame qui, dans d’autres circonstances n’aurait être un triste
fait divers, est devenu la preuve irréfutable de l’existence de ce
qu’on a baptisé la violence faite aux femmes. Sa
commémoration est utilisée par les groupes de pression
fémicentristes pour appuyer la campagne androphobe qu’ils mènent
depuis.
Jean-François Plante avait été conseiller municipal à la ville de
Montréal jusqu’à l’élection de 2005 ou il n’avait pas sollicité le
renouvellement de son mandat. Chaque année, à l’occasion des
célébrations entourant la commémoration du drame de Polytechnique
les politiciens sont invités à porter le Ruban blanc en
signe de leur opposition à la violence faite aux femmes.
Jusqu’à quelques semaines avant la campagne électorale de mars
2007 monsieur Plante animait une émission de radio sur une station
confidentielle diffusée via Internet. Longtemps avant la campagne
électorale, lors d’une émission de radio Jean-François Plante
menait une entrevue au cours de laquelle il a déclaré avoir
toujours refusé de porter le Ruban blanc alors qu’il était
conseiller municipal. Quelque soient les raisons évoquées il
s’agit d’un choix respectable dans une société démocratique ou la
dissidence est réputée légitime. Dans le cas qui nous occupe les
raisons évoquées par monsieur Plante ne permettent pas de
l’accuser de misogynie.
L’extrait d’entrevue qui avait refait surface lors de la campagne
électorale a provoqué une tempête médiatique. Jean-François Plante
a été accusé d’être misogyne et de chercher à banaliser la
violence faite aux femmes avec le résultat qu’il a été obligé
d’abandonner la course pour ne pas nuire à son parti politique.
Les réactions et les accusations portées à l’endroit de monsieur
Plante étaient clairement démesurées. Il ne s’agissait que d’une
tactique pour miner sa candidature. Sa faute était ailleurs.
En
2005, alors qu’il était conseiller municipal à la ville de
Montréal monsieur Plante avait présenté une motion pour désigner
le jour de l’homme. Il s’agissait d’emboîter le pas à la ville de
Port-Cartier qui avait adopté une résolution semblable quelques
années auparavant. Les groupes de pression fémicentristes y
avaient vu une menace. Une campagne d’intimidation avait alors été
menée à l’endroit des élus municipaux appelés à voter la
résolution du Conseil municipal. La résolution avait été rejetée
massivement.
Il
est intéressant de rappeler que l’opération visant à inviter les
élus à voter contre la résolution en question avait été menée par
le Conseil des Montréalaises.
Il s’agit d’un organisme consultatif financé par la ville de
Montréal dont le mandat est de favoriser l'avancement des
débats et décisions qui touchent les Montréalaises. Personne
ne s’est alors étonné qu’un organisme financé par la ville agisse
comme groupe de pression pour influencer le vote sur une question
qui ne relève pas du mandat qui lui a été confié.
À la
lumière de ce qui précède il devient clair que la candidature de
Jean-François Plante lors d’une élection provinciale menaçait
l’unanimité fémicentriste. Il fallait l’éliminer et elle l’a été.
L’événement soulève plusieurs questions.
Dans
une société démocratique où l’électorat est réputé souverain et ou
les groupes de pression sont soumis à des règles définies par la
loi que faut-il penser des groupes de pression fémicentristes qui
sont intégrés aux appareils gouvernementaux qui les financent ? Ne
faut-il pas s’inquiéter d’un glissement de la démocratie citoyenne
vers une oligarchie corporative ?
La
stratégie des groupes de pression fémicentristes consiste à
éliminer la concurrence masculine en l’accusant de misogynie et de
masculinisme. Il s’agit d’accusations auxquelles les médias sont
sensibles. Elles suffisent à interdire l’accusé de tribune.
Il
faudrait s’interroger sur l’équation simpliste selon laquelle les
problématiques masculines seraient en concurrence antagoniste avec
les problématiques féminines. Pourquoi les unes et les autres ne
pourraient-elles pas être l’objet d’attention ? Comment se fait-il
que l’administration du dossier de l’égalité entre les femmes et
les hommes soit la responsabilité du Conseil du statut de la
femme ?
Il
faut comprendre qu’en s’intégrant à l’appareil gouvernemental les
groupes de pression fémicentristes ont obtenu le contrôle des
institutions politiques. Le lobby fémicentriste s’est ainsi
approprié des pouvoirs importants et l’accès à toutes les
ressources disponibles. Pour éviter de devoir partager ces
pouvoirs et ces ressources les groupes de pression ont adopté la
stratégie qui consiste à discréditer toute tentative de prise de
parole masculine. Les campagnes de propagande androphobe financées
par le ministère de la Condition féminine participent à cette
stratégie. Elle s’inscrit dans la politique gouvernementale de
l’égalité entre les femmes et les hommes.
Il
faut aussi comprendre que, contrairement à ce qu’on serait tenté
de croire, les sommes colossales consacrées par les gouvernements
servent rarement les intérêts des citoyennes du Québec. Elles
servent surtout à financer des organismes politiques dont la
mission est de protéger les privilèges et les ressources qui ne
profitent qu’à un groupe restreint.
Une
loi adoptée en France en 1905 établissait la séparation des
Églises et de l’État. La démocratie québécoise ne serait-elle pas
mieux servie si on devait procéder à la séparation du féminisme et
de l’État. La question ne pourra ni être posée ni être débattue
tant que les médias continuent de respecter la loi du silence qui
consiste à n’offrir de tribune qu’aux arguments des groupes de
pression qui tiennent la démocratie citoyenne en otage.
Au
cours des dernières années le Conseil du Statut de la femme
a dirigé deux Commissions parlementaires. La première avait porté
sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes et
l’autre sur l’amendement de la Charte des droits. Il est clair que
du point de vue du Conseil du statut de la femme les
problématiques masculines sont inexistantes et ceux qui prétendent
le contraire ne sont que des masculinistes misogynes indignes
d’attention.
Comment se fait-il que l’idéologie fémicentriste dont les
gouvernements font la promotion soit transposée avec tant de
fidélité dans la médiasphère ? S’agirait-il d’une complaisance
spontanée entretenue par la manipulation du Pouvoir fémicentriste ou
d’une unanimité concertée dans l’industrie des communications?
Dans
un éditorial qu’il signait dans l’édition de La Presse du 11 mai
dernier, Mario Roy laisse entendre que la tribune des médias n’est
à la disposition que de ceux qui savent la manipuler.
La principale
caractéristique des masculinistes est une méconnaissance absolue
des codes d'accès à la légitimité et à la crédibilité. Des
amateurs, en somme. Pour cette raison entre autres, ils sont
largement ignorés par les médias, sauf lors de rares coups d'éclat
- ah! le pont Jacques-Cartier!
Les
élites politiques sont largement sous le contrôle des groupes de
pression fémicentristes qu’ils financent. Le principe d’égalité
entre les femmes et les hommes ne pourrait être appliqué sans la
collaboration bienveillante des médias. Que faudrait-il faire pour
que les problématiques masculines trouvent une tribune autrement
qu’au travers de la lorgnette condescendante d’une journaliste
féministe? Pour peu que ce soit possible que doit-on faire pour
acquérir les « codes d'accès à la légitimité et à la
crédibilité » quand on ne dispose ni de ressources ni d’appui
politique et que la communauté journalistique vous est hostile?