La Gazette des gonzes

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Le 27 mai 2008
Yves Pageau

 

L’affaire Jean-François Plante

Lors de la campagne électorale de mars 2007 Jean-François Plante, alors candidat de l’ADQ dans le comté de Deux-Montagnes avait été forcé d’abandonner la course à mi-parcours en raison des conséquences de la controverse dont il était l’objet. Quel était le crime reproché ? Rappelons les faits.

On se souvient du drame survenu à l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989 au cours duquel un individu avait assassiné 14 femmes pour des raisons qui n’ont jamais été rendues publiques. Le drame qui, dans d’autres circonstances n’aurait être un triste fait divers, est devenu la preuve irréfutable de l’existence de ce qu’on a baptisé la violence faite aux femmes. Sa commémoration est utilisée par les groupes de pression fémicentristes pour appuyer la campagne androphobe qu’ils mènent depuis.

Jean-François Plante avait été conseiller municipal à la ville de Montréal jusqu’à l’élection de 2005 ou il n’avait pas sollicité le renouvellement de son mandat. Chaque année, à l’occasion des célébrations entourant la commémoration du drame de Polytechnique les politiciens sont invités à porter le Ruban blanc en signe de leur opposition à la violence faite aux femmes.

Jusqu’à quelques semaines avant la campagne électorale de mars 2007 monsieur Plante animait une émission de radio sur une station confidentielle diffusée via Internet. Longtemps avant la campagne électorale, lors d’une émission de radio Jean-François Plante menait une entrevue au cours de laquelle il a déclaré avoir toujours refusé de porter le Ruban blanc alors qu’il était conseiller municipal. Quelque soient les raisons évoquées il s’agit d’un choix respectable dans une société démocratique ou la dissidence est réputée légitime. Dans le cas qui nous occupe les raisons évoquées par monsieur Plante ne permettent pas de l’accuser de misogynie.

L’extrait d’entrevue qui avait refait surface lors de la campagne électorale a provoqué une tempête médiatique. Jean-François Plante a été accusé d’être misogyne et de chercher à banaliser la violence faite aux femmes avec le résultat qu’il a été obligé d’abandonner la course pour ne pas nuire à son parti politique. Les réactions et les accusations portées à l’endroit de monsieur Plante étaient clairement démesurées. Il ne s’agissait que d’une tactique pour miner sa candidature. Sa faute était ailleurs.

En 2005, alors qu’il était conseiller municipal à la ville de Montréal monsieur Plante avait présenté une motion pour désigner le jour de l’homme. Il s’agissait d’emboîter le pas à la ville de Port-Cartier qui avait adopté une résolution semblable quelques années auparavant. Les groupes de pression fémicentristes y avaient vu une menace. Une campagne d’intimidation avait alors été menée à l’endroit des élus municipaux appelés à voter la résolution du Conseil municipal. La résolution avait été rejetée massivement.

Il est intéressant de rappeler que l’opération visant à inviter les élus à voter contre la résolution en question avait été menée par le Conseil des Montréalaises[1]. Il s’agit d’un organisme consultatif financé par la ville de Montréal dont le mandat est de favoriser l'avancement des débats et décisions qui touchent les Montréalaises. Personne ne s’est alors étonné qu’un organisme financé par la ville agisse comme groupe de pression pour influencer le vote sur une question qui ne relève pas du mandat qui lui a été confié.

À la lumière de ce qui précède il devient clair que la candidature de Jean-François Plante lors d’une élection provinciale menaçait l’unanimité fémicentriste. Il fallait l’éliminer et elle l’a été. L’événement soulève plusieurs questions.

Dans une société démocratique où l’électorat est réputé souverain et ou les groupes de pression sont soumis à des règles définies par la loi que faut-il penser des groupes de pression fémicentristes qui sont intégrés aux appareils gouvernementaux qui les financent ? Ne faut-il pas s’inquiéter d’un glissement de la démocratie citoyenne vers une oligarchie corporative ?

La stratégie des groupes de pression fémicentristes consiste à éliminer la concurrence masculine en l’accusant de misogynie et de masculinisme. Il s’agit d’accusations auxquelles les médias sont sensibles. Elles suffisent à interdire l’accusé de tribune.

Il faudrait s’interroger sur l’équation simpliste selon laquelle les problématiques masculines seraient en concurrence antagoniste avec les problématiques féminines. Pourquoi les unes et les autres ne pourraient-elles pas être l’objet d’attention ? Comment se fait-il que l’administration du dossier de l’égalité entre les femmes et les hommes soit la responsabilité du Conseil du statut de la femme ?

Il faut comprendre qu’en s’intégrant à l’appareil gouvernemental les groupes de pression fémicentristes ont obtenu le contrôle des institutions politiques. Le lobby fémicentriste s’est ainsi approprié des pouvoirs importants et l’accès à toutes les ressources disponibles. Pour éviter de devoir partager ces pouvoirs et ces ressources les groupes de pression ont adopté la stratégie qui consiste à discréditer toute tentative de prise de parole masculine. Les campagnes de propagande androphobe financées par le ministère de la Condition féminine participent à cette stratégie. Elle s’inscrit dans la politique gouvernementale de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Il faut aussi comprendre que, contrairement à ce qu’on serait tenté de croire, les sommes colossales consacrées par les gouvernements servent rarement les intérêts des citoyennes du Québec. Elles servent surtout à financer des organismes politiques dont la mission est de protéger les privilèges et les ressources qui ne profitent qu’à un groupe restreint.

Une loi adoptée en France en 1905 établissait la séparation des Églises et de l’État. La démocratie québécoise ne serait-elle pas mieux servie si on devait procéder à la séparation du féminisme et de l’État. La question ne pourra ni être posée ni être débattue tant que les médias continuent de respecter la loi du silence qui consiste à n’offrir de tribune qu’aux arguments des groupes de pression qui tiennent la démocratie citoyenne en otage.

Au cours des dernières années le Conseil du Statut de la femme a dirigé deux Commissions parlementaires. La première avait porté sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autre sur l’amendement de la Charte des droits. Il est clair que du point de vue du Conseil du statut de la femme les problématiques masculines sont inexistantes et ceux qui prétendent le contraire ne sont que des masculinistes misogynes indignes d’attention.

Comment se fait-il que l’idéologie fémicentriste dont les gouvernements font la promotion soit transposée avec tant de fidélité dans la médiasphère ? S’agirait-il d’une complaisance spontanée entretenue par la manipulation du Pouvoir fémicentriste ou d’une unanimité concertée dans l’industrie des communications?

Dans un éditorial qu’il signait dans l’édition de La Presse du 11 mai dernier, Mario Roy laisse entendre que la tribune des médias n’est à la disposition que de ceux qui savent la manipuler.[2]

La principale caractéristique des masculinistes est une méconnaissance absolue des codes d'accès à la légitimité et à la crédibilité. Des amateurs, en somme. Pour cette raison entre autres, ils sont largement ignorés par les médias, sauf lors de rares coups d'éclat - ah! le pont Jacques-Cartier!

Les élites politiques sont largement sous le contrôle des groupes de pression fémicentristes qu’ils financent. Le principe d’égalité entre les femmes et les hommes ne pourrait être appliqué sans la collaboration bienveillante des médias. Que faudrait-il faire pour que les problématiques masculines trouvent une tribune autrement qu’au travers de la lorgnette condescendante d’une journaliste féministe? Pour peu que ce soit possible que doit-on faire pour acquérir les « codes d'accès à la légitimité et à la crédibilité » quand on ne dispose ni de ressources ni d’appui politique et que la communauté journalistique vous est hostile?

[1] Le Conseil des montréalaises
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[2] Les masculinistes... et les autres, Mario Roy
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