Il existe un fascinant jeu de stratégie dont
l'une des règles consiste à exiger que le vainqueur de la partie ait
la courtoisie d'annoncer à son adversaire qu'il ne peut la gagner.
Ce jeu s'appelle les échecs. Comme son nom l'indique son objet
consiste à provoquer l'échec de l'adversaire. Aux échecs il ne peut
y avoir de vainqueur. Il y a un perdant et un non perdant.
Le moment est venu d'annoncer à l'adversaire
qu'il est en échec. C'est brutal et cruel mais il faut regarder les
choses en face. Le féminisme extrémiste est en déroute. L'espace se
réduit rapidement. Je prédis qu'on assistera bientôt à l'invention
du néo-féminisme (C'est pas moi c'est elle). Ça s'annonce de toute
beauté. On pourrait aussi parler de féminisme nouveau, renouvelé,
pro-homme, modéré ou d'un féminisme avec un soutien-gorge. On se
fout de la formule. Fiez-vous à l'odeur leur chien est mort et les
vautours ne s'y intéressent même pas.
La chose a commencé à circuler. La ministre de
l'éducation vient d'annoncer qu'elle n'a pas la latitude politique
nécessaire pour offrir des services adaptés aux besoins spécifiques
des garçons. Elle a déclaré qu'on l'accuserait aussitôt de
s'attaquer aux privilèges accordés aux filles. La main qui vous
nourrit a grogné je vous fait remarquer.
Si j'étais vous je penserais à me lancer en
politique. C'est le moment pour les femmes en politique. Avec tous
ces programmes pour favoriser l'élection d'une femme vous seriez
assurée d'être élue. Il ne faudrait pas trop attendre; ce n'est plus
trop certain si le vent sera aussi favorable aux femmes lors des
élections suivantes. On annonce le retour de Jocelyne Caron dans le
comté de Terrebonne. La partie est loin d'être jouée; est-ce que ça
n'intéresse personne. Je vois ça d'ici. Un débat à la salle des
Chevaliers de Colomb de Terrebonne: l'extrémiste enragée contre la
néo-féministe. Il me semble que j'achèterais un billet pour voir ça.
Les candidats défaits ont toujours un emploi
séduisant dans la fonction publique et puis vos chances de réussite
sont meilleures en faisant le saut en politique. Je ne comprendrais
pas que vous puissiez hésiter. Il faudrait commencer à courtiser un
parti politique avant qu'il y ait des élections dans l'air. Je
connais un excellent stratège qui n'a plus de chat à fouetter. Il
s'appelle Francis; ses amis l'appellent Dupuis-Déri. C'est un as.