La dame n'a pas su choisir.
Elle n'a réalisé aucun des quêtes qu'elle avait entreprises. Pour les souverainistes elle n'est
rien qu'une méprisable misandre et pour les misandres elle ne sera
jamais qu'une méprisable politicienne ratée. Il n'y a rien
à faire même pas une autobiographie pédagogique déguisée en une
insupportable oeuvre de fiction. La dame a tout raté. On devrait lui
attribuer un trophée et un téléroman comme on le fait souvent à ceux
dont on s'impatiente qu'ils disparaissent. Elle n'a malheureusement
pas l'envergure nécessaire pour qu'on lui consacre ni l'un ni
l'autre.
Que la dame soit considérée par les ligues
féministes comme leur porte étendard lève le voile sur le manque
d'envergure de l'opération. Sa plus grande réalisation aura été
d'avoir adressé la parole à René Lévesque. L'oeuvre complet de la
dame n'aura jamais été qu'un règlement de compte avec son père, sa
mère et envers l'ex-mari dont elle continue de porter le nom.
Bonsoir la contradiction.
Quand elle aura rejoint les autres erreurs de
l'Histoire on honorera du nom de son ex-mari une rue transversale.
Il n'y a rien de tel pour faire chuter le cours de l'immobilier.
J'aurais honte d'annoncer que j'habite la rue Lise-Payette. Je ne
crains pas. Elle n'a jamais habité le quartier où j'habite.
Que retiendrons nos descendants du personnages?
Que pour masquer sa certitude de l'infériorité féminine elle clamait
considérer les hommes comme des êtres inférieurs. Ce sera une rue
bien triste mais il faudrait que je me taise. La dame a atteint la
stature de ceux qu'on feint vénérer. Je suis assuré de me faire
accuser de misogynie.