La
bienséance c'est comme une assurance. En respecter les règles
c'est en payer la prime. En échange, ceux qui font la même
contribution sont admis à fréquenter notre société. On dit des
autres, de ceux qui ne respectent pas les règles de la bienséance,
qu'ils ne font pas partie de notre monde. Nous sommes dispensés de
retenir leur prénom.
Il
y a les autres. On les appelle les casse-pieds. Ils insistent pour
faire partie de notre société mais ils se dispensent d'en
respecter les règles. Ils agissent comme s'ils étaient le centre
de l'univers. Le problème vient du fait qu'ils sont une nuée et
que la bienséance rend difficile leur exclusion. Comment éviter
d'avoir à les fréquenter sans, à son tour, faire preuve de manque
de savoir vivre? C'est là tout le problème.
La
bienséance exige qu'on fasse preuve de tolérance envers autrui. On
peut fermer les yeux sur quelques entorses mais il arriva un
moment où on se dit que ça suffit. Quand on vit dans une société
où ce qui devrait tenir lieu de règles fait exception on commence
par devenir misanthrope. On s'isole, en se disant que la folie
ambiante finira bien pas passer et puis on se dit qu'on n'y
échappera pas, qu'il faut faire quelque chose pour que ça change.
Quand on cesse de tolérer l'intolérable on vous accuse de manquer
de savoir vivre à votre tour. C'est normal mais c'est nécessaire.
On commence par réagir mais ça ne donne pas grand chose. Il faut
agir.