Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 1 avril 2008
Yves Pageau

Occuper l'espace discursif

Qu'est-ce qui fait qu'un crime est sexiste? Dire qu'un crime est sexiste est le plus sexiste des crimes. Ça dévalue, ça banalise, ça brouille. Ça fout la merde. Que le crime ait eu lieu à l'école Polytechnique ou dans le fin fond de la Manchourie orientale quand quelqu'un est victime d'un crime c'est quelqu'un qui est victime d'un crime. Jamais l'ensemble des droitiers, des femmes ou des détenteurs de permis de conduire. C'est comme le bruit d'une main qui frappe. Ça ne sera jamais que le bruit d'une main qui frappe. On a beau tenter de faire porter au coupable la responsabilité des subventions colossales que réclament chaque année les ligues fémicentristes le drame ne sera jamais un drame collectif. Selon quelle règle quatorze victimes le même jour au même endroit ce serait plus signifiant que treize? Pourquoi donc quand un homme est victime c'est un drame individuel mais quand c'est une femme ce serait un drame christique. On a le délire liturgique dans les milieux fémicupides. Laissons les délirer on n'a pas que ça à faire.

Nous avons une tâche importante. Il faut que le discours masculin occupe l'espace discursif et ça presse. Pour l'instant, nous, les hommes avons pris l'habitude de nous taire. Il faudrait savoir adopter le bon ton: la parole masculine serait extrémiste. Nous avons accepté de nous faire rabaisser le caquet. Quand un homme est autorisé à occuper l'espace discursif c'est un pisse-assis qui appuie les mensonges fémicentristes. Autrement il est accusé d'être un masculiniste haineux. Le discours masculin s'est réfugié chez les gais. Ce sont les seuls hommes encore inattaquables et puis ils ne constituent pas une menace immédiate pour le Pouvoir féminin alors on les laisse vivre et c'est tant mieux pour eux.

Il faut cesser de définir la situation masculine en réaction d'avec les discours fémicentristes. Ne sommes-nous rien d'autre que le faire valoir de la classe dominante? À une époque encore récente les hommes étaient respectés. Aujourd'hui influencés par la propagande misandre nous ne trouvons plus de raison d'être content d'être un gars. Il est urgent de retrouver le bonheur d'être ce que nous sommes même s'il faut pour cela éviter la société des castrantes.

Posons-nous donc chacun la question. Qu'est ce qui nous définit? Quelles sont les qualités masculines? Refusons qu'on continue de nous dénigrer comme on s'acharne à le faire. Si nous le faisions pas pour nous-même nous aurions quand même le devoir de le faire pour nos fils et nos filles qui, faut-il le rappeler, sont aussi les fils et les filles de leur mères. Le patriarcat c'est d'abord la certitude d'agir pour les générations à venir. Le patriarcat sans le fémicentrisme, son pendant féminin, c'est la fin de la civilisation. Est-ce vraiment là ce que nous recherchons?