Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 28 mars 2008
Frank

Le hockey, un sport impossible 

J'ai parlé dernièrement de l'agressivité masculine qui peut se tranformer en violence si elle n'est pas canalisée. Je mentionnais aussi que la meilleure façon de la canaliser, ou de la contrôler, était que les hommes eux-mêmes en prennent la charge au sein de leurs communautés masculines.

Je crois encore fermement à cette approche mais ne suis pas naif au point de croire qu'il ne faut pas, en certaines occasions, faire un effort supplémentaire pour mettre toutes les chances de notre côté. Je pense notamment au cas de Jonathan Roy et aux autres incidents de violence au hockey, junior ou autre.

Le hockey est censé être le sport national du Canada. Or, selon notre habitude nous avons cherché le compromis, avons cherché à plaire à tout le monde en définissant ses règles. Prenez des gars d'environ 20 ans, âge où le niveau de testostérone est le plus élevé, habillez-les d'une armure qui les protège presque complètement, donnez leur l'occasion d'aller vite, et donc de se rentrer dedans à vive allure, volontairement ou non, et mettez-les dans une situation de compétition.  Que va-t-il arriver? Sous la pression du stress de la compétition, sous l'influence de leurs hormones et protégés de pied en cap, ils vont fatalement finir par se battre. Le problème c'est qu'il n'y a pas autour d'eux assez d'hommes plus matures pour les contrôler. Le problème pourrait bien être aussi qu'ils sont dirigés par des hommes eux-mêmes immatures qui auraient besoin que leurs pairs et leurs pères les aident encore à canaliser leur agressivité.

Voyons-nous souvent des bagarres au soccer? Non. Pourquoi? Parce que les gars ne sont pas protégés. Ils portent un maillot et un short légers, peut-être un jockstrap sans coquille et des protége-tibias. S'ils se rentrent dedans, ils vont se blesser eux-mêmes ou s'attirer des bosses. Je fais ici une exception pour le dernier match de Zinédine Zidane, qui n'avait alors plus rien à perdre.

À l'autre extrémité, nous avons le football, où les gars sont aussi recouverts d'une armure mais où la règle du jeu prévoit qu'on se rentre dedans. Si l'on veut gagner au football, il faut faire preuve d'une certaine violence qui est cependant atténuée par l'équipement et le règlement.

Que disais-je à propos des Canadiens! Ha oui! Qu'ils se contentent de compromis qui laissent tout le monde mécontents. Pour règler le problème de la violence au hockey, la solution est simple: dépouillons les joueurs de leur protection ou permettons un certaine dose de violence (inventons le football sur glace!). Si les joueurs de hockey ne portaient que des vêtements légers, ils se battraient pas mal moins souvent, de peur de se blesser. S'ils avaient droit de se plaquer, ils en suivraient les règles.

À mon avis, le plus viril et le plus intéressant des sports est le rugby où les joueurs sont vêtus aussi légèrement qu'au soccer mais peuvent se plaquer comme au football. Laissez-moi vous dire que leurs placages sont beaucoup plus prudents que s'ils portaient l'armure des hockeyeurs.