Le fait d'être un mâle et de
transporter entre ses jambes une usine de testostérone est un
phénomène biologique dont il faut cesser de nier l'existence comme le
mouvement féministe se plaît à le faire, donnant ainsi le ton à toute
la catégorie des bien pensants qui se sentent, à tort, coupable des
soi-disant injustices faites aux femmes.
Il est temps de reprendre
conscience, parce que cette conscience existe bel et bien au fond de
nous, que cette testostérone a sur le physique et le psychologique des
mâles, des effets voulus par la nature et qui ont leur place dans le
maintien de l'ordre social.
Non seulement les hommes
ont-ils une bite, du poil, une voix grave et souffrent de calvitie
mais ils sont aussi dotés d'un niveau d'agressivité plus élevé que
celui des femmes. Les hommes aiment compétitionner et se battre et
c'est normal. Les hommes veulent se dépasser et dépasser leur voisin
et c'est ce qui fait avancer l'humanité. Ce qui n'est pas prévu dans
l'ordre des choses mais peut arriver, c'est que cette agressivité se
change en violence, tournée contre soi-même ou contre les autres.
C'est la conséquence d'une agressivité mal ou non canalisée, appliquée
à la mauvaise cause pour les mauvaises raisons.
Mais comment canaliser cette
agressivité pour éviter qu'elle ne passe d'une énergie virile, saine
et créatrice, à un ouragan destructeur et néfaste? C'est simple, en
faisant comme les hommes ont toujours fait avant que les femmes ne se
décident à se substituer à eux, c'est-à-dire en faisant leur propre
police au sein de leur communauté de mâles. Comment se passait l'hiver
d'un homme dans un village du XIXe siècle? Pour la plupart
agriculteurs, ils n'avaient pas toujours beaucoup de tâches à
accomplir en une journée. Ils se regroupaient donc chez le forgeron,
là où un bon feu brûlait en permanence. Le forgeron est l'homme par
excellence: il est fort et n'a pas peur se se salir mais il doit avoir
une connaissance approfondie du matériau qu'il façonne et exercer son
jugement en tout temps; il transforme le métal en robuste barreaux ou
en délicats ornements. Il possède donc puissance, savoir, jugement et
finesse. Sa forge sent le métal, le feu, la suie et la transpiration.
Réunis autour de cet homme
par excellence, en ce qui lieu qui sent comme eux, les autres hommes
se sentent libres de se parler librement, de dire à l'un que la façon
dont il traite sa femme et ses enfants n'est pas correcte, à l'autre
que ses vols et mensonges perpétuels agacent tout le monde ou encore
que son odeur dérange. Entre eux, ces hommes identifient les
comportements déviants ou asociaux et font comprendre à l'homme
concerné qu'il vaut mieux pour lui qu'il change d'attitude. Les jeunes
apprennent ainsi comment être un homme alors que les autres apprennent
à le rester. Ce qui se dit dans la forge reste dans la forge, mais
plus tard dans l'année il n'est pas défendu de rafraîchir la mémoire à
celui qui avait été rappelé à l'ordre, s'il ne se conforme pas mieux à
la vie en société.
Chez les artisans d'Europe
existait aussi depuis le Moyen-Âge, le système de compagnonnage par
lequel les jeunes hommes allaient de ville en ville et de maître en
maître apprendre leur métier. Ici, au sein de cet univers entièrement
masculin, maîtres et compagnons pouvaient exercer ce contrôle sur l'energie
et l'agressivité mâles, encore une fois par le jeu des relations
d'homme à homme.
Plus tard, avec la
Révolution industrielle, les hommes sont allés travailler en usine
mais l'histoire sociale démontre que là aussi s'est instauré un
système d'auto-discipline masculin. En effet, les fils entraient à
l'usine ou chantiers où travaillaient leurs pères mais, et c'est un
phénomène démontré pour le s États-Unis, ils se voyaient attribuer un
mentor qui n'était pas leur père, ce qui apportait une autre
perpective mais toujours proche de la sphère d'autorité paternelle.
Avec ce mentor, le jeune homme apprend le maniement des machines, le
code de conduite de l'usine et, ainsi, la règle des hommes. Il apprend
à canaliser son agressivité.
Il est assez évident que le
problème auquel font actuellement face les hommes de la société
occidentale est la disparition de cet apprentissage des valeurs
d'homme en même temps que du système masculin d'auto-police. Pour lui
redonner une chance de revivre, il faudrait à nouveau des lieux
réservés aux hommes ainsi qu'une réaffirmation qu'en tant qu'homme, je
peux aider mon frère et que mon frère peut m'aider.
Frank