Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 24 mars 2008
Yves Pageau

Agressivité vs violence

Le fait d'être un mâle et de transporter entre ses jambes une usine de testostérone est un phénomène biologique dont il faut  cesser de nier l'existence comme le mouvement féministe se plaît à le faire, donnant ainsi le ton à toute la catégorie des bien pensants qui se sentent, à tort, coupable des soi-disant injustices faites aux femmes.

Il est temps de reprendre conscience, parce que cette conscience existe bel et bien au fond de nous, que cette testostérone a sur le physique et le psychologique des mâles, des effets voulus par la nature et qui ont leur place dans le maintien de l'ordre social.

Non seulement les hommes ont-ils une bite, du poil, une voix grave et souffrent de calvitie mais ils sont aussi dotés d'un niveau d'agressivité plus élevé que celui des femmes. Les hommes aiment compétitionner et se battre et c'est normal. Les hommes veulent se dépasser et dépasser leur voisin et c'est ce qui fait avancer l'humanité. Ce qui n'est pas prévu dans l'ordre des choses mais peut arriver, c'est que cette agressivité se change en violence, tournée contre soi-même ou contre les autres. C'est la conséquence d'une agressivité mal ou non canalisée, appliquée à la mauvaise cause pour les mauvaises raisons.

Mais comment canaliser cette agressivité pour éviter qu'elle ne passe d'une énergie virile, saine et créatrice, à un ouragan destructeur et néfaste? C'est simple, en faisant comme les hommes ont toujours fait avant que les femmes ne se décident à se substituer à eux, c'est-à-dire en faisant leur propre police au sein de leur communauté de mâles. Comment se passait l'hiver d'un homme dans un village du XIXe siècle? Pour la plupart agriculteurs, ils n'avaient pas toujours beaucoup de tâches à accomplir en une journée. Ils se regroupaient donc chez le forgeron, là où un bon feu brûlait en permanence. Le forgeron est l'homme par excellence: il est fort et n'a pas peur se se salir mais il doit avoir une connaissance approfondie du matériau qu'il façonne et exercer son jugement en tout temps; il transforme le métal en robuste barreaux ou en délicats ornements. Il possède donc puissance, savoir, jugement et finesse. Sa forge sent le métal, le feu, la suie et la transpiration.

Réunis autour de cet homme par excellence, en ce qui lieu qui sent comme eux, les autres hommes se sentent libres de se parler librement, de dire à l'un que la façon dont il traite sa femme et ses enfants n'est pas correcte, à l'autre que ses vols et mensonges perpétuels agacent tout le monde ou encore que son odeur dérange. Entre eux, ces hommes identifient les comportements déviants ou asociaux et font comprendre à l'homme concerné qu'il vaut mieux pour lui qu'il change d'attitude. Les jeunes apprennent ainsi comment être un homme alors que les autres apprennent à le rester. Ce qui se dit dans la forge reste dans la forge, mais plus tard dans l'année il n'est pas défendu de rafraîchir la mémoire à celui qui avait été rappelé à l'ordre, s'il ne se conforme pas mieux à la vie en société.

Chez les artisans d'Europe existait aussi depuis le Moyen-Âge, le système de compagnonnage par lequel les jeunes hommes allaient de ville en ville et de maître en maître apprendre leur métier. Ici, au sein de cet univers entièrement masculin, maîtres et compagnons pouvaient exercer ce contrôle sur l'energie et l'agressivité mâles, encore une fois par le jeu des relations d'homme à homme.

Plus tard, avec la Révolution industrielle, les hommes sont allés travailler en usine mais l'histoire sociale démontre que là aussi s'est instauré un système d'auto-discipline masculin. En effet, les fils entraient à l'usine ou chantiers où travaillaient leurs pères mais, et c'est un phénomène démontré pour le s États-Unis, ils se voyaient attribuer un mentor qui n'était pas leur père, ce qui apportait une autre perpective mais toujours proche de la sphère d'autorité paternelle. Avec ce mentor, le jeune homme apprend le maniement des machines, le code de conduite de l'usine et, ainsi, la règle des hommes. Il apprend à canaliser son agressivité.

Il est assez évident que le problème auquel font actuellement face les hommes de la société occidentale est la disparition de cet apprentissage des valeurs d'homme en même temps que du système masculin d'auto-police. Pour lui redonner une chance de revivre, il faudrait à nouveau des lieux réservés aux hommes ainsi qu'une réaffirmation qu'en tant qu'homme, je peux aider mon frère et que mon frère peut m'aider.

Frank