Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 15 mars 2008
Yves Pageau

Michel Thibeault

La politique est un jeu de hasard et les jeux de hasard sont prévisibles. Il existe une branche des mathématiques consacrée au calcul des probabilité. Le principe est toujours le même: les chances sont égales pour les deux côtés de la pièce. La politique là-dedans? C'est pareil. Si on lance la pièce un grand nombre de fois on est en mesure de prédire comment les résultats seront répartis. C'est quand on sait ça qu'on est en mesure d'éviter les pièges.

Le piège, en politique, c'est de faire comme si le temps n'existait pas. On feint croire que les choses resteront ce qu'elles sont et qu'on est éternel. Les choses changent et les individus finissent tous par mourir. Qu'est-ce qui reste? Les résultats et rien d'autre. Quand on dit qu'on prend son parti d'une situation on prend parti. À quoi est-ce que ça sert de prendre parti? Ça sert à avoir tort. Rien d'autre.

C'est la posture des collaborateurs. Ils croient qu'en rampant ils pourront se mériter les faveurs des dominants. Les dominants ne perdent pas leur temps à chercher les adresses dans l'annuaire. Ils demandent aux collabos de leur indiquer le chemin et ils leur lancent un filet d'anchois pour les récompenser. Un jour, alors qu'ils ont été obligé de retourner leur veste, on leur rase le crâne pour assortir leur coiffure à la doublure de leur veste.

Je suis de ceux qui ne croient pas au pouvoir des puissants. C'est dérangeant, je sais, mais je sais aussi que ça achève en s'accélérant. Bientôt tout aura disparu et quand je n'y serai plus je sais que seuls les résultats me survivront. Nous assistons à une corrida. Nous n'en sommes encore qu'au tercio de pique et je peux vous assurer que la bête est essoufflée.

Ce n'est pas la bête la plus vaillante. La tâche s'annonce facile Il viendra bien le moment de porter l'estocade mais nous n'en sommes pas encore là. Il faut la faire saigner d'abord. C'est la prochaine étape. Vous comprendrez que je n'ai pas pris la peine de stériliser la pointe des banderilles.