J'ai la
très nette impression que l'effort de propagande s'est intensifié ces
derniers temps. Il y a des histoires de femmes partout dans les médias. Des femmes afghanes, des femmes chiliennes, des femmes
autochtones, des femmes
espagnoles, des femmes indiennes, des femmes américaines. Les médias
nous font passer un mauvais quart d'heure. Ça cache certainement
quelque chose mais on ne comprend pas trop encore le projet. Ce qu'il
y a d'étonnant c'est que le public gobe tout comme si c'était le fait
de choix éditoriaux spontanés. Peuple à genoux attend ta délivrance.
Les
arguments sont toujours les même: hypersexualisation des jeunes
filles, équité salariale, proportion féminine de la députation,
violence conjugale, droit de vote acquis aux femmes il n'y a que
soixante ans, le bail de Claire Kirkland-Casgrain que son mari devait
signer, ça fait près de cinquante ans, Marc Lépine, l'égalité pour les
femmes, les fragiles acquis obtenus de chaude lutte, crier haut et
fort, sexisme, machisme, masculinisme, patriarcat, phallocratie,
conciliation travail famille, avortement, viol, agression sexuelle,
excision, pauvreté des femmes, brassière qu'on brûle et corset dont on
se libère. Est-ce possible
que les formules figées qui servent de titre dans la Gazette des
femmes soient exactement les même qu'utilisent toutes les belle-soeur
du Québec pour justifier leur adhésion à un féminisme qu'elles
n'endossent que parce qu'on leur a fait comprendre qu'il est mieux
qu'il en soit ainsi?
Pensez-y; ce n'est pas normal. Le féminisme est tellement homogène
qu'on a l'impression d'être en pleine inquisition. Il n'existe qu'une
seule façon de pratiquer son féminisme et que je n'en entende pas une
dire qu'elle aime son homme, qu'elle aimerait avoir plusieurs enfants
et s'occuper de les élever.
Le dogme
est fabriqué derrière des portes closes et diffusé par on ne sait
quels outils de propagande. Partout au Québec le discours féministe
est le même. Au troisième toc il sera exactement l'heure de l'orgasme.
Vous ne me croyez pas? Bientôt vous entendrez parler de l'égalité
économique pour les femmes. Qu'est-ce que ça veut dire? Rien du
tout mais dans un an tout le monde croira qu'il le sait et que c'est
un principe incontournable. C'est le Conseil du statut de la femme qui
gère le dossier de l'égalité entre les femmes et les hommes pour
les femmes et c'est au programme. Quand c'est au
programme c'est que c'est bon et si c'est bon tout le monde est
d'accord. Veuillez vous lever et prendre vos missels.
Il faut
savoir que les classes politique et médiatique forment
une secte fémicentriste où il est interdit de poser un regard critique
sur l'idéologie dominante. La barrière est à l'entrée. Ceux qui
évoluent dans ces milieux là le savent; il serait impossible d'y être
admis à moins d'avoir été convaincant au sujet de son adhésion aux
valeurs du dogme fémicentriste. À Télé-Québec c'est pire qu'ailleurs.
Il faut, en guise de rituel d'admission faire la déclaration publique de son
renoncement aux valeurs et aux oeuvres qui ne sont pas fémicentriste.
Ailleurs
c'est moins dogmatique mais la sélection est tout aussi efficace.
Souvenez-vous du candidat de l'ADQ dans le comté de Deux-Montagnes,
Jean-François Plante. Il a été éliminé de la course sous prétexte
qu'il a déclaré refuser de porter le Ruban blanc commémorant le
massacre de l'école Polytechnique. Ses propos étaient-ils aussi
misogyne qu'on l'a prétendu? Toute l'affaire n'est qu'un prétexte. Son
véritable crime est, lorsqu'il était conseiller municipal à la ville
de Montréal, d'avoir endossé une résolution proposant de désigner le
premier dimanche du mois d'avril jour de l'homme. Il n'est pas
question de tolérer la dissidence au Québecistan.
Au
service de quelle secte tous ces gens se sont-ils donc placés? Il n'y a rien de spontané dans tout ça
croyez moi. Jean-François Lépine est conscient de ce qu'il en train
d'accomplir. Il faut
comprendre que le journaliste est un homme intelligent. Personne
n'est assez dupe pour croire qu'il ne comprend pas que sa posture
idéologique est en conflit avec son rôle de journaliste. Est-ce
possible qu'un journaliste expérimenté comme lui qui a maintes fois
parcouru la planète n'ait pas entrevu les dangers de l'idéologie qu'il
appuie avec désinvolture?
La seule
chose qui pourrait plaider en faveur de son l'aveuglement est qu'il est marié à Mireille Deyglun une comédienne dont le
manichéisme idéologique est stupéfiant. Si le journaliste ne s'est pas
encore aperçu qu'il partage sa vie avec la torpide scrofule de l'espace
discursif il
persiste un doute. Jean-François Lépine pourrait ne pas être celui
qu'on avait cru.
Dans le
milieu des médias, on rapporte qu'il existe trois catégories
d'individus intéressés à ne jamais remettre en question les diktats du
dogme fémicentriste. Il en existe en fait quatre quand on compte les
femmes mais cela va tellement de soi qu'il n'est même pas nécessaire
d'en parler. Les femmes formeraient un bloc dont on a dit qu'il pense
et vote comme on leur dit de le faire. Je m'attend qu'on me fasse la
démonstration du contraire.
Il y a d'abord les tapis, ces féminisés transfusés à l'oestrogène par
intraveineuse. Ils sont métro, homo ou hésitant-sexuels et ne
cherchent qu'une chose c'est ne pas déplaire ni à maman ni à
l'idéologie qui la sert. Ils se laisseront aller jusqu'à verser une
larme à l'occasion d'une commission parlementaire si leur maman n'a
pas la forme. Ça s'est déjà vu mais les médias sont restés discrets
là-dessus. C'est qu'entre tapis on se comprend.
Il y a aussi ceux qui se sentent coupables. Ils avaient été évincés de
leur famille et ils ont fini par s'en désintéresser. Ils se sont
remariés ont eu d'autres enfants mais ils préfèrent laisser sous le
tapis la douleur d'avoir perdu contact avec ces enfants d'un premier
lit qu'ils avaient pourtant tellement aimés. Ils rationalisent et ne
posent pas trop de questions. Les féministes doivent certainement
avoir raison et puis ils n'ont pas trop envie de partir en guerre
contre l'entreprise qui les emploie.
Il y a enfin tous les membres du Barreau du Québec qui savent que le
droit familial est la vache à lait de l'industrie. Il n'est pas
question de pisser dans la soupe. Pour que les membres de leur
confrérie continuent de prospérer il faut appuyer la guerre des sexes
point à la ligne. Ce sont des féministes de convenance.