Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 10 mars 2008
Yves Pageau

À quelle loge enseignent-ils

J'ai la très nette impression que l'effort de propagande s'est intensifié ces derniers temps. Il y a des histoires de femmes partout dans les médias. Des femmes afghanes, des femmes chiliennes, des femmes autochtones, des femmes espagnoles, des femmes indiennes, des femmes américaines. Les médias nous font passer un mauvais quart d'heure. Ça cache certainement quelque chose mais on ne comprend pas trop encore le projet. Ce qu'il y a d'étonnant c'est que le public gobe tout comme si c'était le fait de choix éditoriaux spontanés. Peuple à genoux attend ta délivrance.

Les arguments sont toujours les même: hypersexualisation des jeunes filles, équité salariale, proportion féminine de la députation, violence conjugale, droit de vote acquis aux femmes il n'y a que soixante ans, le bail de Claire Kirkland-Casgrain que son mari devait signer, ça fait près de cinquante ans, Marc Lépine, l'égalité pour les femmes, les fragiles acquis obtenus de chaude lutte, crier haut et fort, sexisme, machisme, masculinisme, patriarcat, phallocratie, conciliation travail famille, avortement, viol, agression sexuelle, excision, pauvreté des femmes, brassière qu'on brûle et corset dont on se libère. Est-ce possible que les formules figées qui servent de titre dans la Gazette des femmes soient exactement les même qu'utilisent toutes les belle-soeur du Québec pour justifier leur adhésion à un féminisme qu'elles n'endossent que parce qu'on leur a fait comprendre qu'il est mieux qu'il en soit ainsi?

Pensez-y; ce n'est pas normal. Le féminisme est tellement homogène qu'on a l'impression d'être en pleine inquisition. Il n'existe qu'une seule façon de pratiquer son féminisme et que je n'en entende pas une dire qu'elle aime son homme, qu'elle aimerait avoir plusieurs enfants et s'occuper de les élever.

Le dogme est fabriqué derrière des portes closes et diffusé par on ne sait quels outils de propagande. Partout au Québec le discours féministe est le même. Au troisième toc il sera exactement l'heure de l'orgasme. Vous ne me croyez pas? Bientôt vous entendrez parler de l'égalité économique pour les femmes. Qu'est-ce que ça veut dire? Rien du tout mais dans un an tout le monde croira qu'il le sait et que c'est un principe incontournable. C'est le Conseil du statut de la femme qui gère le dossier de l'égalité entre les femmes et les hommes pour les femmes et c'est au programme. Quand c'est au programme c'est que c'est bon et si c'est bon tout le monde est d'accord. Veuillez vous lever et prendre vos missels.

Il faut savoir que les classes politique et médiatique forment une secte fémicentriste où il est interdit de poser un regard critique sur l'idéologie dominante. La barrière est à l'entrée. Ceux qui évoluent dans ces milieux là le savent; il serait impossible d'y être admis à moins d'avoir été convaincant au sujet de son adhésion aux valeurs du dogme fémicentriste. À Télé-Québec c'est pire qu'ailleurs. Il faut, en guise de rituel d'admission faire la déclaration publique de son renoncement aux valeurs et aux oeuvres qui ne sont pas fémicentriste.

Ailleurs c'est moins dogmatique mais la sélection est tout aussi efficace. Souvenez-vous du candidat de l'ADQ dans le comté de Deux-Montagnes, Jean-François Plante. Il a été éliminé de la course sous prétexte qu'il a déclaré refuser de porter le Ruban blanc commémorant le massacre de l'école Polytechnique. Ses propos étaient-ils aussi misogyne qu'on l'a prétendu? Toute l'affaire n'est qu'un prétexte. Son véritable crime est, lorsqu'il était conseiller municipal à la ville de Montréal, d'avoir endossé une résolution proposant de désigner le premier dimanche du mois d'avril jour de l'homme. Il n'est pas question de tolérer la dissidence au Québecistan.

Au service de quelle secte tous ces gens se sont-ils donc placés? Il n'y a rien de spontané dans tout ça croyez moi. Jean-François Lépine est conscient de ce qu'il en train d'accomplir. Il faut comprendre que le journaliste est un homme intelligent. Personne n'est assez dupe pour croire qu'il ne comprend pas que sa posture idéologique est en conflit avec son rôle de journaliste. Est-ce possible qu'un journaliste expérimenté comme lui qui a maintes fois parcouru la planète n'ait pas entrevu les dangers de l'idéologie qu'il appuie avec désinvolture?

La seule chose qui pourrait plaider en faveur de son l'aveuglement est qu'il est marié à Mireille Deyglun une comédienne dont le manichéisme idéologique est stupéfiant. Si le journaliste ne s'est pas encore aperçu qu'il partage sa vie avec la torpide scrofule de l'espace discursif il persiste un doute. Jean-François Lépine pourrait ne pas être celui qu'on avait cru.

Dans le milieu des médias, on rapporte qu'il existe trois catégories d'individus intéressés à ne jamais remettre en question les diktats du dogme fémicentriste. Il en existe en fait quatre quand on compte les femmes mais cela va tellement de soi qu'il n'est même pas nécessaire d'en parler. Les femmes formeraient un bloc dont on a dit qu'il pense et vote comme on leur dit de le faire. Je m'attend qu'on me fasse la démonstration du contraire.

Il y a d'abord les tapis, ces féminisés transfusés à l'oestrogène par intraveineuse. Ils sont métro, homo ou hésitant-sexuels et ne cherchent qu'une chose c'est ne pas déplaire ni à maman ni à l'idéologie qui la sert. Ils se laisseront aller jusqu'à verser une larme à l'occasion d'une commission parlementaire si leur maman n'a pas la forme. Ça s'est déjà vu mais les médias sont restés discrets là-dessus. C'est qu'entre tapis on se comprend.

Il y a aussi ceux qui se sentent coupables. Ils avaient été évincés de leur famille et ils ont fini par s'en désintéresser. Ils se sont remariés ont eu d'autres enfants mais ils préfèrent laisser sous le tapis la douleur d'avoir perdu contact avec ces enfants d'un premier lit qu'ils avaient pourtant tellement aimés. Ils rationalisent et ne posent pas trop de questions. Les féministes doivent certainement avoir raison et puis ils n'ont pas trop envie de partir en guerre contre l'entreprise qui les emploie.

Il y a enfin tous les membres du Barreau du Québec qui savent que le droit familial est la vache à lait de l'industrie. Il n'est pas question de pisser dans la soupe. Pour que les membres de leur confrérie continuent de prospérer il faut appuyer la guerre des sexes point à la ligne. Ce sont des féministes de convenance.