Dans le
jargon des médias pour dire qu'on s'engueule on dit qu'on participe à
un débat. C'est qu'on n'a pas l'habitude. Au Québec quand on dit qu'on
échange des idées on interromps l'interlocuteur, on l'injurie et on le
boude. Prenez un exemple, n'importe lequel, les féministes par
exemple. Avez-vous déjà entendu une féministe participer à un débat?
Moi jamais. Elles n'ont d'ailleurs pas intérêt tellement leurs
positions ne tient pas la route. Elles ne discutent qu'avec des gens
qui partagent leur point de vue.
Il y a
quelques jours l'émission Il va y avoir du sport au sujet de
laquelle l'animatrice ne se tarit pas d'éloges présentait une soirée
de débats de niveau zéro. Le sujet du débat et la position de chacun
des invités était déterminée au hasard.
C'est ce que j'appelle faire du bruit avec la bouche. C'est comme si les
sujets de discussion manquaient.
Quelques
semaines plus tôt à la même émission le thème de la discussion était
Écoute-t-on assez les groupes d'hommes? C'est là qu'Ariane
Émond a déclaré qu'on écoute trop les groupes d'hommes. Pour qui
est-ce qu'elle se prend celle là? Elle ne représente personne que je
sache? Elle a encore une fois manqué une excellente occasion d'aller se
faire avorter avec des broches à tricoter.
Vous en
connaissez, vous, des groupes d'hommes? Il y a la ministre
Saint-Pierre qui parle des masculinistes haineux dont elle dit qu'on sait de qui il s'agit. J'aurais aimé qu'elle les nomme parce que je ne
sais toujours pas de qui elle parle. Quand bien même les groupes
d'hommes existaient si personne ne prend acte du message c'est
comme s'il n'existaient pas. Ce qui existe est beaucoup plus important
que de soi-disant groupes d'hommes. Ce qui existe c'est un espace
discursif. Attachez bien vos tuques car personne ne
peut l'empêcher de circuler.
C'est
quoi au fait un espace discursif? C'est le contraire
de la peur de se faire accuser de banaliser la violence faite aux
femmes. C'est le luxe qu'on s'accorde de s'affranchir du souci de
rectitude qui voudrait que ne soit autorisé que le discours
fémicentriste. Avec l'expérience il est devenu évident que l'espace
médiatique et l'espace discursif sont
incompatibles. Ce n'est pas très grave puisque les médias de masse
sont en rapide perte de popularité au profit d'Internet.
Le
changement attendu ne viendra ni d'une manifestation monstre ni
d'actes de désobéissance civile. Ce que je connais de plus subversif
c'est la parole. Il faut l'utiliser pour ébranler l'Empire. Il faut trouver des moyens d'enrichir l'espace
discursif. Ces moyens existent et la liste des pistes
de solution ne cesse de s'allonger. D'une liste d'idées naîtra
l'embryon de quelques projets. Ils seront les premiers pas d'une
longue promenade. Ce qu'il faut c'est occuper l'espace discursif. Quand ce sera fait la partie sera gagnée.