Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 9 mars 2008
Yves Pageau

Faire du bruit avec la bouche

Dans le jargon des médias pour dire qu'on s'engueule on dit qu'on participe à un débat. C'est qu'on n'a pas l'habitude. Au Québec quand on dit qu'on échange des idées on interromps l'interlocuteur, on l'injurie et on le boude. Prenez un exemple, n'importe lequel, les féministes par exemple. Avez-vous déjà entendu une féministe participer à un débat? Moi jamais. Elles n'ont d'ailleurs pas intérêt tellement leurs positions ne tient pas la route. Elles ne discutent qu'avec des gens qui partagent leur point de vue.

Il y a quelques jours l'émission Il va y avoir du sport au sujet de laquelle l'animatrice ne se tarit pas d'éloges présentait une soirée de débats de niveau zéro. Le sujet du débat et la position de chacun des invités était déterminée au hasard. C'est ce que j'appelle faire du bruit avec la bouche. C'est comme si les sujets de discussion manquaient.

Quelques semaines plus tôt à la même émission le thème de la discussion était Écoute-t-on assez les groupes d'hommes? C'est là qu'Ariane Émond a déclaré qu'on écoute trop les groupes d'hommes. Pour qui est-ce qu'elle se prend celle là? Elle ne représente personne que je sache? Elle a encore une fois manqué une excellente occasion d'aller se faire avorter avec des broches à tricoter.

Vous en connaissez, vous, des groupes d'hommes? Il y a la ministre Saint-Pierre qui parle des masculinistes haineux dont elle dit qu'on sait de qui il s'agit. J'aurais aimé qu'elle les nomme parce que je ne sais toujours pas de qui elle parle. Quand bien même les groupes d'hommes existaient si personne ne prend acte du message c'est comme s'il n'existaient pas. Ce qui existe est beaucoup plus important que de soi-disant groupes d'hommes. Ce qui existe c'est un espace discursif. Attachez bien vos tuques car personne ne peut l'empêcher de circuler.

C'est quoi au fait un espace discursif? C'est le contraire de la peur de se faire accuser de banaliser la violence faite aux femmes. C'est le luxe qu'on s'accorde de s'affranchir du souci de rectitude qui voudrait que ne soit autorisé que le discours fémicentriste. Avec l'expérience il est devenu évident que l'espace médiatique et l'espace discursif sont incompatibles. Ce n'est pas très grave puisque les médias de masse sont en rapide perte de popularité au profit d'Internet.

Le changement attendu ne viendra ni d'une manifestation monstre ni d'actes de désobéissance civile. Ce que je connais de plus subversif c'est la parole. Il faut l'utiliser pour ébranler l'Empire. Il faut trouver des moyens d'enrichir l'espace discursif. Ces moyens existent et la liste des pistes de solution ne cesse de s'allonger. D'une liste d'idées naîtra l'embryon de quelques projets. Ils seront les premiers pas d'une longue promenade. Ce qu'il faut c'est occuper l'espace discursif. Quand ce sera fait la partie sera gagnée.