Ce n'est pas facile à ramener une médaille d'or. Quand
on a ça accroché au cou c'est qu'on est très chanceux et qu'on
n'a fait de cadeau à personne. Les sports de haut niveau ce n'est que
pour les implacables. Ceux qui en parlent n'y connaissent rien. Il n'y
a que des fonctionnaires pour en parler et chacun sait que les
fonctionnaires ne sont pas des athlètes de haut niveau.
Chez les politiciens aussi les médailles d'or sont
rares. Est-ce qu'on imagine seulement ce que c'est que d'être le chef d'un
parti politique, avoir un oeil sur la prochaine élection tout en gardant l'autre
sur les concurrents qui aimeraient bien prendre la place. L'autre
soir, à la télé, il y avait un panel composé seulement de femmes qui
discutait du machisme qui a nui à la carrière politique de Michelle
Bachelet la présidente du Chili. La question de savoir si elle a tout
ce qui faut pour réussir dans ce métier n'a jamais été évoquée. Son
échec ne peut être attribuable qu'au machisme des chiliens.
Si vous m'aviez posé la question j'aurais dit que son
principal handicap est d'être une femme. Hého attention! Ce n'est pas
le machisme des chiliens qui lui a nui mais la trop grande confiance
que lui confère l'assurance qu'on devrait lui accorder une chance. La
politique ne joue pas selon les règles du féminisme. Il faut du génie,
du flair, de l'imagination et un instinct de tueur. La Bachelet en
manque dangereusement. C'est certainement une bien bonne personne mais
ce n'était peut-être pas la meilleure idée d'accorder la moitié des
ministères à des femmes alors que la députation féminine n'est que de
15%. Aujourd'hui elle passe à la caisse et on en profite pour blâmer
les hommes du Chili. Elles sont comme ça les femmes. Quand ça foire ce
n'est jamais leur faute.