La présidente du Conseil de la langue française (OLF) a
rendu public un rapport étrange. Ceux qui l'ont lu s'attendaient à ce
qu'on y décrive l'État de la langue française au Québec. Ils n'y ont
trouvé qu'une accumulation de rapports statistiques et, comme
conclusion, l'invitation à en tirer ses propres conclusions. Le
lendemain les conclusions en étaient tirées. L'usage de la langue
française a amorcé son déclin, l'OLF aurait reçu la commande politique
de ne pas ébruiter l'affaire et l'OLF joue un rôle politique qu'il ne
devrait pas. Voici le travail de dizaines de journalistes résumé en
une seule phrase.
C'est bien beau ça, le déclin de l'usage du Français,
mais il faut proposer une solution, pensez donc, la particularité
linguistique est cet élément essentiel de notre identité qui permet
aux élites de contrôler le petit-peuple. On ne zigonne pas avec ça la
langue sinon c'est Pauline est sa secte de profs de CEGEP qui vont
marquer des points. C'est là que Mario Dumont a eu l'un de ces éclairs
auxquels il nous a habitués. "Il faut réduire l'immigration" s'est-il
exclamé. Tout le monde s'est arrêté de parler pour connaître la suite.
"Pas tout à fait la réduire mais juste la maintenir à son niveau
actuel." On était soulagé. Chacun a repris ses activités.
Le journaliste en a rajouté une couche en disant à mots
à peine couverts que les immigrants, quand ils sont francophones sont
aussi musulmans et que les musulmans c'est pas propre. Il leur faut
des accommodements, on ne peut pas bien voir leurs femmes et puis ils
élèvent une chèvre dans la baignoire pour faire un méchoui. On préfère
ceux qui parlent une langue barbare comme... comme les balinaises
avec les boules à l'air et les cheveux tout collés sur la peau du dos.
Elles sont vachement bien les balinaises. Il parait qu'il y en a
beaucoup à Montréal. C'est ce raconte parce que moi j'en ai jamais vu.
On ne voit que de petites philippines dans les autobus. J'ai de la
misère avec ces petites boules de suif dans leur manteau de nylon. Je
t'échangerais ça sans hésiter pour la moitié de balinaises avec les
boule à l'air et les cheveux tout collés sur la peau du dos.
Toujours est-il que notre Mario pense-à-tout maintient
l'immigration sans l'augmenter. C'est une bonne idée ça. C'est qu'il
va falloir augmenter la natalité n'est-ce pas? Ça prend deux choses,
des balinaises avec les boule à l'air et les cheveux tout collés
sur la peau du dos et il faudrait que l'État cesse de financer la
guerre civile que les féministes mènent contre les hommes. Ça c'est
mon idée. Pour être diplomate j'aurais dû parler de changer les
conditions qui maintiennent un taux de fécondité où l'immigration doit
atteindre un niveau tel que la langue française est menacée. C'est
plus long mais ça veut dire la même chose. Les féministes font chier.
C'est là que notre Mario devrait comprendre qu'entre
courtiser l'électorat fémicentriste et sauvegarder la langue
Française il faudrait peut-être choisir. C'est vrai que le Mario n'est
pas habitué à voir plus loin que le bout de son nez. Il devrait
continuer de manger la chèvre et le chou. Ça tombe bien parce que
j'avais envie de prendre un bain.
C'est parti pour la danse des inconvénients vous allez
voir. Aujourd'hui c'est le déclin de l'usage de la langue française et
demain on parlera de la délinquance des garçons issus d'une famille
dont le père a été évincé. C'est qu'elle vont tellement l'avoir sur la
gueule les féministes qu'elles ne pourront pas se relever.
L'éducation? Les féministes. La politique? Les féministes. L'économie?
Les féministes. La santé? Les féministe. Vous pensez que je rigole?
Faites une note et vous saurez m'en reparler. Ça prend toujours un
coupable. Ces dernières années ce sont les hommes qui étaient pointés
d'un index accusateur sur la jonction des sourcils. Les choses sont
appelées à changer et c'est pas tant pis.