Chaque année la journée du huit mars marque la
célébration annuelle de l'infériorité féminine. On se pompe un peu
pour se faire croire que la démarche féministe donne des résultats
mais c'est chaque année la même chanson. Finalement, la démarche
féministe c'est de la crotte de mouche. Le lendemain il faut prétendre
que tout reste à faire, que la droite monte, que les acquis sont
fragiles mais sont faits de haute et chaude lutte, que les
masculinistes sont vilains et que les femmes en sont encore au point
de départ. La condition de victime c'est ce qu'il y a de plus payant.
L'autre fois j'ai cherché à dresser la liste des
avantages que comporte le féminisme. J'en ai finalement trouvé un. Il
est un peu tard, je sais, mais c'est mieux que rien. Le féminisme
rappelle aux femmes leur infériorité essentielle ça les maintient.
Mieux encore, il rappelle aux hommes leur supériorité essentielle. Si
les féministes aimeraient bien qu'on change je dois reconnaître
qu'elles s'y prennent très mal. Elles répètent qu'on a les meilleurs
salaires, les meilleurs emplois et le contrôle sur les institutions
politiques et elles voudraient qu'on leur laisse. Vous voulez rire? Si
ça vous intéresse commencez par cesser de vous comporter en publicité
de soutien-gorge et venez vous associer aux meilleurs. Pour moi ce
sera lait sans sucre.
Pour permettre aux femmes de ne pas se sentir
inférieures à l'occasion du huit mars je n'adresserai la parole à
aucune. Ce serait manquer de délicatesse de le faire. Comme ça elles
restent entre elles et cette journée là elles auront l'illusion d'être
normales. Minables mais normales. Le jour où les femmes auront
abandonné l'idée qu'elles sont minables il n'y aura plus de raison de
célébrer le huit mars. En attendant autant en profiter.