Y a-t-il du bien à dire du féminisme? L'exercice est
d'autant plus difficile que j'appartiens au groupe envers lequel le
féminisme est hostile. J'ai remarqué qu'il faut éprouver du mépris
envers les femmes pour affirmer que le féminisme est un mal
nécessaire. Je n'éprouve aucune condescendance envers les femmes. Ce
ne sont pas des êtres inférieurs auxquels il faut accorder des
privilèges particuliers. Qu'est-ce c'est que cette idée de créer des
réserves où peuvent se réfugier les femmes traquées par l'ennemi
masculin? Qu'est-ce que c'est que cette idée de maintenir les
politiques d'embauche pour favoriser les femmes même si elles forment
la majorité des travailleurs. Qu'est-ce cette idée de maintenir la
légende de la violence faite aux femmes? Ça ne tient la route ni du
cul ni de la bite.
À un mercier d'origine haïtienne qui, récemment, me
parlait de sa clientèle blanche j'ai fait remarquer que ma peau n'est
pas blanche mais qu'elle est rose et que la sienne n'est pas noire
mais qu'elle est brune. La nuance est importante. Les racismes
m'ennuient tout autant que les sexismes. Même si le féminisme est
absurde j'ai décidé de lui trouver au moins une qualité. C'est
difficile mais l'exercice est intéressant.
Pour l'instant on ne se rend pas trop compte des
dangers que comporte l'hostilité envers les hommes qui se fait appeler
féminisme. La critique à son endroit est encore bienveillante, l'appui
dont il profite est presqu'unanime et les avantages qui en découlent
ne sont négligeables ni pour la classe politique ni pour les
apparatchiks du Pouvoir féminin. Tout baigne croit-on mais les choses
sont appelées à changer Les excès des fémi-talibans ne peuvent que
causer une réaction regrettable. Dans le monde de la politique on a
pris l'habitude de ne réagir que lorsqu'on est placé devant une
catastrophe. Le jour où la catastrophe prévue se sera produite il sera
trop tard pour l'éviter ou en atténuer les conséquences.
Quand on plaide la cause du féminisme on est incapable
de plaider pour le féminisme contemporain. On répète que la première
députée élue au parlement du Québec, Claire Kirkland, a eu besoin de
la signature de son mari pour entériner le bail de l'appartement
qu'elle louait dans la capitale. C'était il y a une cinquantaine
d'années. Il faudrait peut-être en revenir un peu ne trouvez-vous pas?
Même en cherchant bien je ne trouve aucun avantage au
féminisme contemporain ni pour les femmes ni pour les hommes sauf
peut-être qu'il rend presqu'impossible de fréquenter la société d'une
femme. C'est un inconvénient qui comporte des avantages comme celui
d'éviter de se faire chier.