L'espace discursif est une tornade. L'espace quoi? Le
discours, la prise de parole. Les sorcières ont le doigt pointé et
accusateur. Elles ne demandent pas mieux que de nous mettre sur la
défensive. Quand on est en désaccord on devient un macho patriarcal
haineux.
Ces jours-ci la mode est à l'égalité pour les femmes.
C'est absurde. Les viragos se prennent pour quoi exactement. Comme
homme elles sont minables, On les préfère féminines mais elles ont
honte de s'assumer. Tant pis. Personnellement je refuse d'être une
femme, un homme rose ou une quelconque moumounes comme celles qu'on
rencontre dans les classes gouvernementale et politique. Si la
conséquence de mon choix est que je continue d'être exclu de la
société des femmes c'est un moindre mal. On se reparlera quand il y en
aura qui seront disposées à m'apprécier. Dans l'intérim c'est
l'industrie du vibrateur qui prospère.
Je me suis bien fendu la gueule quand deux pisse-assis
qui disaient représenter la Commission des droits de la personne se
sont présentés devant la Commission des Affaires sociales. Il
affirmaient que la preuve que les femmes sont moins égales que les
hommes, c'est exactement ce qu'ils ont affirmé, c'est qu'un plus grand
nombre de femmes que d'hommes dirigent une famille éclatée. Quels
imbéciles. Ils feignent ignorer combien d'hommes engloutissent une
fortune en frais judiciaires pour obtenir sinon la garde de leurs
enfants du moins une garde partagée. Si c'est ça l'égalité vous pouvez
vous la rouler serrée et vous l'introduire là où le soleil ne brille
pas.
L'argumentaire ne s'arrête pas là. S'il y a moins de
femmes que d'hommes élues au parlement ce n'est pas la preuve de
l'existence d'une conspiration c'est que la politique n'intéresse pas
beaucoup de femmes et ce n'est pas moi qui les blâmerais. Si plus de
femmes occupent des emplois occasionnels et moins bien rémunéré c'est
peut-être aussi l'indication que la richesse et les tâches sont
partagées à l'intérieur des familles. Il ne faut pas discuter avec ces
harpies. Qu'elles continuent leur oeuvre de destruction. Au retour
l'élastique les frappera en plein visage.
Notre mission est ailleurs. On pourrait dénoncer les
sophismes féministes mais c'est une perte de temps. Ces gens-là sont
dérangés. Nous ne pouvons que les laisser macérer. Un jour, quand
elles auront bien pris racine dans leurs mensonges, il n'y aura plus
qu'à refermer le couvercle et expédier le contenant et son contenu au
dépotoir. En attendant il faut se questionner sur la nature de nos
rêves. Nous nous sommes habitués à nous définir en fonction du
discours fémisexiste car nous pensions qu'il occupait tout l'espace
discursif. Il faut maintenant nous rendre à l'évidence. Il a déjà
commencé à disparaître et ce n'est pas moi qui vais le regretter.