Content d'être un gars
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Le 12 février 2008
Yves Pageau

Les femmes d'abord

La Charte des droits ça vous dit quelque chose? Elle interdit les discriminations. Toutes sortes de discrimination y compris la discrimination basée sur le sexe. Vous savez quoi? On parle de modifier cet aspect ci de la Charte pour des raisons que personne ne comprend tout à fait. Si l'amendement devait être entériné par l'Assemblée nationale du Québec l'interdiction de discriminer en vertu du sexe des citoyens aurait préséance sur les autres interdictions. Qu'est-ce que ça cache donc?

Il y a un arrière goût de pisse. La ministre Saint-Pierre a déclaré que les opposants sont des masculinistes qui refusent de reconnaître les inégalités dont les femmes sont les victimes. De quoi est-ce qu'elle parle? De qui est-ce qu'elle parle? Je veux des noms. Je n'ai jamais entendu qui que ce soit refuser de reconnaître le principe de l'égalité des sexes. Il y en a, et j'en suis, qui sont exaspérés qu'on continue de confondre l'égalité des sexes et un principe absurde qu'on appelle l'égalité pour les femmes. Je n'en peux plus d'attendre que les hommes soient aussi reconnus comme des citoyens de plein droit.

Il y a autre chose qui m'inquiète c'est que le dossier de l'égalité entre les femmes et les hommes ait été confié au Conseil du statut de la femme. Personne ne réagit. C'est normal. Gai lonla, gai le rosier. Nous sommes égaux à quoi au juste? Personne n'en parle.

Au fait qui donc sont les masculinistes dont la Saint-pierre dit que tout le monde les connaît? Je veux des noms. Qui donc sont ces gens qui refusent de reconnaître la pertinence du principe d'égalité? Il faudrait leur offrir une tribune. C'est urgent d'entamer un dialogue avec eux. Peut-être que ce qu'ils disent n'est pas tout à fait ce que la ministre rapporte. Ce qui me met la puce à l'oreille c'est que Christine Saint-Pierre vient de répéter presque mot à mot ce que Michèle Courchesne avait déclaré lorsqu'elle dirigeait le même Ministère de la condition féminine. J'ai comme l'impression que les ministres reprennent le numéro que leur personnel leur a pissé à l'oreille. Si ça devait être le cas on devrait faire l'économie des ministres pour laisser leur personnel diriger le gouvernement.

Tout ça n'est en fait qu'une vaste énigme. Il faut accumuler les indices pour tenter de la solutionner. La présidente du Conseil du statut de la femme en a lâché un gros en laissant entendre que l'amendement à la charte  prépare le chemin à l'adoption de mesures qui interdiraient la propagande haineuse envers les femmes. C'est qu'on ne l'avait pas vue venir celle là. Est-ce que la propagande haineuse envers les femmes pose un tel problème qu'on doive modifier la Charte pour y remédier? Posez la question dans votre entourage. J'entend des hommes exprimer leur exaspération envers la représentation méprisante qu'on fait d'eux dans les médias mais je n'ai jamais entendu de femme se plaindre de la question. Comme c'est étrange. Comment le principe d'égalité peut-il ne s'appliquer qu'envers les femmes? Vous savez ce que je pense? Avant longtemps l'interdiction de propagande haineuse envers les femmes s'appliquera envers la critique du féminisme d'État. C'est clair comme le nez au milieu du visage. Ce jour là le terme fémifascisme aura pris tout son sens. Ce jour là c'est moi qui plaiderai coupable d'avoir exercé ma liberté de parole.