Sans consulter le dictionnaire il est difficile de définir avec
précision
le mot intégral. Le terme évoquerait le pain intégral qu'on
vend dans les boulangeries baba cool de la rue Mont-Royal et une
catastrophe intégrale avec qui j'ai été lié intimement. Selon le
dictionnaire le terme désigne ce qui
n'est l'objet d'aucune diminution, d'aucune restriction. Cette
définition s'applique moins envers le pain qu'envers la catastrophe
à qui je pense.
Avec une définition claire du terme intégral il devient plus
facile de pointer le doigt dans la direction du sexisme intégral.
Ce sexisme là ne souffre d'aucune restriction. Il a tellement le
vent dans les voiles qu'il est appuyé par une ministre et bénéficie
de toutes les ressources gouvernementales qu'on pourrait lui
souhaiter. Il est même question de désigner la critique du
sexisme intégral comme un acte criminel; c'est dire combien il
est intégral. Il ne lui manque rien. Il est mu par le vent arrière
comme le foc d'un voilier. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle
l'expression sexiste comme un foc est voie d'entrer dans
l'usage.
Le sexisme intégral est pratiqué par des individus qui
manifestent une intransigeance et un conservatisme excessifs.
Ce sont des intégristes. Les intégristes sont intolérants envers
autrui alors qu'ils font preuve d'une tolérance sans limite à
l'égard de leurs propres excès. Je suis de ceux qui croient que le
trouble de comportement dont les intégristes sont atteints n'est pas
le fait de leur malhonnêteté; j'imagine mal qu'on puisse l'être à ce
point. Je crois plutôt que l'intégrisme est une maladie mentale qui
affecte un groupe d'individus. Certaines maladies sont causées par
une infection alors que d'autres sont causées par une anomalie de
l'une ou l'autre des fonctions de l'organisme. Celle-ci est causée
par l'environnement idéologique dans lequel ces malades évoluent.
L'accumulation de stimulus induisent des troubles de comportement et
contribue à maintenir le malade dans l'illusion que sa déviance
sociopathique appartient au domaine de la norme. Les malades atteint
d'intégrisme ne souffrent pas de la maladie qui les affecte. Ils se
croient investis du devoir de réformer tous ceux qui ne partagent
pas leur intégrisme.
Tout comme pour les troubles liés au
comportement des psychopathes et des sociopathes la seule cure
possible à l'intégrisme consiste à modifier l'environnement du
malade. Il n'est pas exceptionnel que l'environnement qui avait
causé la maladie se transforme simplement par le comportement du
déviant. Le sexisme intégral largement pratiqué aujourd'hui
crée les conditions qui le rendent intolérable. Tous les espoirs
sont permis.