Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 22 janvier 2008
Yves Pageau

Sexiste comme un foc

Sans consulter le dictionnaire il est difficile de définir avec précision le mot intégral. Le terme évoquerait le pain intégral qu'on vend dans les boulangeries baba cool de la rue Mont-Royal et une catastrophe intégrale avec qui j'ai été lié intimement. Selon le dictionnaire le terme désigne ce qui n'est l'objet d'aucune diminution, d'aucune restriction. Cette définition s'applique moins envers le pain qu'envers la catastrophe à qui je pense.

Avec une définition claire du terme intégral il devient plus facile de pointer le doigt dans la direction du sexisme intégral. Ce sexisme là ne souffre d'aucune restriction. Il a tellement le vent dans les voiles qu'il est appuyé par une ministre et bénéficie de toutes les ressources gouvernementales qu'on pourrait lui souhaiter. Il est même question de désigner la critique du sexisme intégral comme un acte criminel; c'est dire combien il est intégral. Il ne lui manque rien. Il est mu par le vent arrière comme le foc d'un voilier. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'expression sexiste comme un foc est voie d'entrer dans l'usage.

Le sexisme intégral est pratiqué par des individus qui manifestent une intransigeance et un conservatisme excessifs. Ce sont des intégristes. Les intégristes sont intolérants envers autrui alors qu'ils font preuve d'une tolérance sans limite à l'égard de leurs propres excès. Je suis de ceux qui croient que le trouble de comportement dont les intégristes sont atteints n'est pas le fait de leur malhonnêteté; j'imagine mal qu'on puisse l'être à ce point. Je crois plutôt que l'intégrisme est une maladie mentale qui affecte un groupe d'individus. Certaines maladies sont causées par une infection alors que d'autres sont causées par une anomalie de l'une ou l'autre des fonctions de l'organisme. Celle-ci est causée par l'environnement idéologique dans lequel ces malades évoluent. L'accumulation de stimulus induisent des troubles de comportement et contribue à maintenir le malade dans l'illusion que sa déviance sociopathique appartient au domaine de la norme. Les malades atteint d'intégrisme ne souffrent pas de la maladie qui les affecte. Ils se croient investis du devoir de réformer tous ceux qui ne partagent pas leur intégrisme.

Tout comme pour les troubles liés au comportement des psychopathes et des sociopathes la seule cure possible à l'intégrisme consiste à modifier l'environnement du malade. Il n'est pas exceptionnel que l'environnement qui avait causé la maladie se transforme simplement par le comportement du déviant. Le sexisme intégral largement pratiqué aujourd'hui crée les conditions qui le rendent intolérable. Tous les espoirs sont permis.