Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 10 janvier 2008
Yves Pageau

La femme en deux

Il faut que ce soit bien clair entre nous: il n'est pas question ici de discuter de mes croyances. Quand j'assiste à un spectacle de magie j'ai remarqué que les prestidigitateurs expérimentés s'assurent que je reste assis devant eux. Le contrôle des sceptiques doit être la première chose qu'on enseigne à l'école que fréquente Harry Potter.

Un jour j'ai vu une femme se faire couper en deux. Elle gigotait encore des orteils même quand les deux boîtes étaient séparées. Vous savez ce que je crois? Je crois que c'est impossible et je crois aussi que le prestidigitateur avait très bien travaillé ce jour là. Je crois surtout qu'il ne faut pas croire la moitié de ce qu'on voit ni rien de ce qu'on nous raconte. Quand, plus tard, j'ai trouvé un livre dans lequel on explique le truc j'ai continué d'avoir des doutes. Il n'est pas impossible que l'auteur ait mis son lecteur sur une fausse piste. J'ai des doutes; s'il vous en manque je suis tout disposé à les partager.

Il y a des énergumènes qui croient que conflit du Proche-Orient est une invention, que le pétrole n'est pas la source d'énergie qu'on aimerait bien nous faire croire, que le coup du onze septembre n'est pas aussi convaincant qu'on le dit, que les femmes ne sont pas victimes de discrimination systémique, que l'Iran ne dispose pas d'un arsenal nucléaire et qui doutent de l'existence des armes de destruction massive. Ces gens là seraient des mécréants qu'il faut faire taire même si ça doit saigner un peu. Vous savez ce que je crois? Je crois que les pieds qui dépassaient de la boîte de droite ne sont pas ceux de la femme dont la tête dépassait de la boîte de gauche.

Imaginez juste un instant que ce soit possible de produire de l'énergie en quantité illimité, à peu de frais et en ne causant aucune pollution. Je ne dis pas que ce soit possible je ne fais que poser une hypothèse. Il faut faire preuve d'une grande circonspection quand on dérange les idées reçues. Vous savez ce que je crois? Je crois que cette technologie existe déjà. Ce n'est pour l'instant qu'une croyance mais on n'est pas là pour discuter de mes croyances. Du coup il n'y aurait plus besoin d'extraire du pétrole ni d'usurper la souveraineté des pays qui en produisent. Du coup il ne resterait plus qu'une mascarade. Du coup ce serait urgent de discuter avec l'inventeur de la génératrice dont une partie de l'électricité qu'elle produit sert à extraire de l'hydrogène de l'eau pour ensuite utiliser l'hydrogène qui reste comme combustible pour faire fonctionner le moteur de l'automobile dont on dit qu'elle fonctionne à l'eau.

Vous savez déjà que je crois que la légende de la discrimination dont souffriraient les femmes ne mérite pas l'attention que lui vouent les politiciens. Je rappelle au lecteur que nous ne sommes pas ici pour discuter de mes croyances. J'aimerais simplement qu'on me démontre que j'ai tort de le croire. Le problème, voyez-vous, c'est qu'il est interdit de discuter de la question. Ça me met la puce à l'oreille. Elle est bien sympathique, la ministre Saint-Pierre, mais elle me fait l'effet d'être une personne bien malhonnête.

Toute la question en est une de souveraineté. Dans une république la souveraineté est réputée appartenir aux citoyens. Dans une monarchie démocratique comme celle du Canada, la souveraineté est réputée être partagée entre l'électorat et le chef de l'État représenté par la Gouverneure-générale ouvertement fémicentriste. À mesure qu'elles avancent en âge les démocratie opèrent un glissement progressif vers une tyrannie de l'appareil gouvernemental au profit des corporatismes qui le contrôlent. Je vois venir un moment dans l'Histoire où l'électorat réputé souverain devra affirmer son pouvoir envers les excès que l'appareil gouvernemental exerce à son endroit. Ça s'annonce intéressant. Je suis tout disposé à prendre des paris sur le résultat de l'affrontement.

Un jour l'appareil gouvernemental qui dispose de forces de répression aura à faire face à la souveraineté citoyenne qui n'en dispose pas. Ce jour là la monarchie constitutionnelle qui est la nôtre se transformera-t-elle en tyrannie? Nous ne pouvons que souhaiter que ceux qui participent à la répression gouvernementale choisiront alors le camp de la souveraineté citoyenne.