Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 6 décembre 2007
Yves Pageau

Échec

Pour la première fois depuis 1989 les célébrations entourant l'anniversaire du drame survenu cette année là à l'école Polytechnique de Montréal n'ont pas fait l'objet d'un reportage télévisé. On en est enfin revenus.

Avec la disparition du cirque médiatique c'est la superstition de l'existence de la violence-des-hommes-faite-aux-femmes qui s'émousse. Faut-il rappeler que les célébrations du festival du Ruban blanc qui se déroulaient sous le prétexte de commémoration n'avaient plus rien à voir avec le devoir de mémoire. Il ne s'agissait que d'une occasion de plus pour diaboliser le masculin. La misandrie n'a pas encore perdu la guerre mais elle a perdu sa plus importante bataille.

Le festival du Ruban blanc était l'occasion de répéter que les femmes gnian-gnian-gnian et que les hommes gnian-gnian-gnian. Il faudrait trouver autre chose mais des occasions comme celle là de mentir la bouche fermée on ne risque pas d'en retrouver de sitôt. L'affaire était une aubaine; sa date de péremption est expirée. Tous les espoirs sont maintenant permis.

Le drame de Polytechnique était utilisée comme preuve universelle de l'infériorité morale du masculin. Les démons que Gamil Ghargi surnommé Marc Lépine avait voulu fuir se sont répandus. Pendant toutes ces années ils ont possédé la société des hommes aidés en cela par les manipulations occultes des prêtresses du féminisme. Ces démons sont de nouveau débusqués. Faudra-t-il qu'ils s'abattent sur les prêtresses du féminisme et qu'on les enferme au couvent où elles feraient oeuvre de conjuration? Le cours de l'eau bénite est à la hausse. L'exorcisme a porté fruit. Les mi-putes mi-soumises ont enfin l'occasion de se rendre utiles.

Imaginez un monde où il fasse bon être un homme, où on puisse faire l'amour sans risquer son âme, où l'égalité des sexes soit réciproque et où dans une relation conjugale aucun n'a le pouvoir d'anéantir l'autre. Non seulement une telle chose est-elle légitime mais elle n'aurait jamais dû cesser d'exister. Nous sortons enfin de la grande Noirceur.