Pour
la première fois depuis 1989 les célébrations entourant
l'anniversaire du drame survenu cette année là à l'école
Polytechnique de Montréal n'ont pas fait l'objet d'un reportage
télévisé. On en est enfin revenus.
Avec
la disparition du cirque médiatique c'est la superstition de
l'existence de la violence-des-hommes-faite-aux-femmes qui
s'émousse. Faut-il rappeler que les célébrations du festival du
Ruban blanc qui se déroulaient sous le prétexte de commémoration
n'avaient plus rien à voir avec le devoir de mémoire. Il ne
s'agissait que d'une occasion de plus pour diaboliser le masculin.
La misandrie n'a pas encore perdu la guerre mais elle a perdu sa
plus importante bataille.
Le
festival du Ruban blanc était l'occasion de répéter que les femmes
gnian-gnian-gnian et que les hommes gnian-gnian-gnian. Il faudrait
trouver autre chose mais des occasions comme celle là de mentir la
bouche fermée on ne risque pas d'en retrouver de sitôt. L'affaire
était une aubaine; sa date de péremption est expirée. Tous les
espoirs sont maintenant permis.
Le
drame de Polytechnique était utilisée comme preuve universelle de
l'infériorité morale du masculin. Les démons que Gamil Ghargi
surnommé Marc Lépine avait voulu fuir se sont répandus. Pendant
toutes ces années ils ont possédé la société des hommes aidés en
cela par les manipulations occultes des prêtresses du féminisme. Ces
démons sont de nouveau débusqués. Faudra-t-il qu'ils s'abattent sur
les prêtresses du féminisme et qu'on les enferme au couvent où
elles feraient oeuvre de conjuration? Le cours de l'eau
bénite est à la hausse. L'exorcisme a porté fruit. Les mi-putes
mi-soumises ont enfin l'occasion de se rendre utiles.
Imaginez un monde où il fasse bon être
un homme, où on puisse faire l'amour sans risquer son âme, où
l'égalité des sexes soit réciproque et où dans une relation
conjugale aucun n'a le pouvoir d'anéantir l'autre. Non seulement une
telle chose est-elle légitime mais elle n'aurait jamais dû cesser
d'exister. Nous sortons enfin de la grande Noirceur.