Un
baroud d'honneur est un combat qu'on sait perdu d'avance et qu'on
s'entête à livrer quand même. On livre un baroud d'honneur parce
qu'on n'a rien d'autre à faire, pour ne pas avoir à se livrer à
l'ennemi, pour faire payer à l'adversaire la victoire qu'il
s'apprête à remporter ou parce que la position de victime nous
plait. Le terme s'applique aussi quand il s'agit de lutter contre
une maladie qu'on sait être mortelle.
Au
Québec si les victimes ont la cote c'est sans doute pour des raisons
historiques. Ici les gagnants ont toujours tort et les perdants
toujours raison. C'est prévisible mais c'est ainsi. Les combats
perdus d'avance sont la seule façon de gagner de la sympathie; c'est
quand on fait pitié qu'on nous aime. Pourquoi pensez-vous que
Pauline Marois s'entête à faire semblant de parler Anglais? Tout le
monde a compris que c'est dans ces moments là que la châtelaine fait
le plus pitié.
Il y a
aussi des barouds d'honneur politique. Il y a des idées totalement
désuètes qu'on s'entête quand même à défendre. Ce sont souvent des
vestiges dont nos chers politiciens n'ont pas le courage de se
défaire. Quand les politiciens ne défendent que des idées qui n'ont
plus cours la société qu'ils prétendent diriger se fige. C'est ce
qui nous est arrivé. Il faudra attendre que la prochaine génération
passe un coup de torchon. Nous avons une révolution au programme. La
dernière fois c'est exactement ce qui s'était produit. Une nouvelle
génération de bâtisseurs avait hérité d'une société immobilisée
depuis longtemps.
Ne
dit-on pas d'une étendue d'eau stagnante qu'elle est
corrompue? Il y va de même avec les sociétés; quand les idées
cessent de
circuler c'est la corruption qui s'installe. Les Québec est
maintenant plus immobile qu'à la fin du règne de Maurice Duplessis.
Chacun y défend ce qu'il appelle ses acquis et les plus jeunes se
languissent que leurs aînés partent à la retraite.
Nous
vivons une époque au cours de laquelle les politiciens s'entêtent èa
défendre des politiques dont ils savent qu'elles n'ont plus cours.
C'est le baroud d'honneur des vieilles idées sur le respirateur
artificiel. On se languis que les partis politiques qui ne défendent
que des idées qui n'ont plus cours débarrassent le plancher de
l'Assemblée Nationale. Le terreau est fertile.