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Le 5 décembre 2007
Yves Pageau

Baroud d'honneur

Un baroud d'honneur est un combat qu'on sait perdu d'avance et qu'on s'entête à livrer quand même. On livre un baroud d'honneur parce qu'on n'a rien d'autre à faire, pour ne pas avoir à se livrer à l'ennemi, pour faire payer à l'adversaire la victoire qu'il s'apprête à remporter ou parce que la position de victime nous plait. Le terme s'applique aussi quand il s'agit de lutter contre une maladie qu'on sait être mortelle.

Au Québec si les victimes ont la cote c'est sans doute pour des raisons historiques. Ici les gagnants ont toujours tort et les perdants toujours raison. C'est prévisible mais c'est ainsi. Les combats perdus d'avance sont la seule façon de gagner de la sympathie; c'est quand on fait pitié qu'on nous aime. Pourquoi pensez-vous que Pauline Marois s'entête à faire semblant de parler Anglais? Tout le monde a compris que c'est dans ces moments là que la châtelaine fait le plus pitié.

Il y a aussi des barouds d'honneur politique. Il y a des idées totalement désuètes qu'on s'entête quand même à défendre. Ce sont souvent des vestiges dont nos chers politiciens n'ont pas le courage de se défaire. Quand les politiciens ne défendent que des idées qui n'ont plus cours la société qu'ils prétendent diriger se fige. C'est ce qui nous est arrivé. Il faudra attendre que la prochaine génération passe un coup de torchon. Nous avons une révolution au programme. La dernière fois c'est exactement ce qui s'était produit. Une nouvelle génération de bâtisseurs avait hérité d'une société immobilisée depuis longtemps. 

Ne dit-on pas d'une étendue d'eau stagnante qu'elle est corrompue? Il y va de même avec les sociétés; quand les idées cessent de circuler c'est la corruption qui s'installe. Les Québec est maintenant plus immobile qu'à la fin du règne de Maurice Duplessis. Chacun y défend ce qu'il appelle ses acquis et les plus jeunes se languissent que leurs aînés partent à la retraite.

Nous vivons une époque au cours de laquelle les politiciens s'entêtent èa défendre des politiques dont ils savent qu'elles n'ont plus cours. C'est le baroud d'honneur des vieilles idées sur le respirateur artificiel. On se languis que les partis politiques qui ne défendent que des idées qui n'ont plus cours débarrassent le plancher de l'Assemblée Nationale. Le terreau est fertile.