Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 27 novembre 2007
Yves Pageau

 Conflit de générations

Dans sa chronique radiophonique Denise Bombardier disait avoir remarqué ce tic langagier qui consiste à évoquer le décès imminent de ceux avec lesquels on est en désaccord. Si la formule n’était pas répandue il pourrait ne s’agir que d’une formule maladroite. Si elle est récurrente c’est peut-être qu’elle exprime le conflit de ceux qui appartiennent aux plus jeunes générations envers la génération des bommers.

Aux yeux des plus jeunes ceux qui sont nés entre 1946 et 1961 occupent toute la place. Les valeurs de la modernité que défend la génération des boomers ne sont pas nécessairement celles auxquelles ils adhèrent. Les plus jeunes ont compris qu’ils devront attendre que notre génération disparaisse pour qu’ils puissent, à leur tour, avoir le loisir de commettre leurs propres erreurs. Les nôtres ont trop duré.

J’en suis venu à comprendre le malaise que vivent de plus jeunes parce que je vis le même qu’eux dans mon rapport avec le Féminisme organisé. Selon ceux qui en font partie les principes de l’égalité entre les hommes et les femmes ne seraient pas réciproques. Elles ne parlent que de l’égalité pour les femmes. Je me languis, moi aussi que l’inertie imposée par le poids démographique des boomers disparaisse pour que souffle à nouveau le vent de l’Histoire.

Les boomers se sont comportés comme s’ils étaient la dernière génération de l’humanité. Nous nous sommes accaparé toutes les ressources et nous apprêtons à laisser derrière une civilisation hypothéquée sans valeurs ni repères. Nous sommes détestables à bien des égards. Je comprends qu’on soit impatients que nous cédions la place.

J’ai adopté la position mentale de celui qui se préoccupe de la civilisation qu’il laissera aux générations à venir. Je ne défends ni mes intérêts ni ceux de la génération à laquelle j’appartiens mais ceux de la multitude qui suivra. Je ne peux que les imaginer, ils ne pourront que se souvenir de nous. Dans ce dialogue que nous entretenons je compte leur laisser de bons souvenirs.

Cette posture me fait me préoccuper sérieusement de la santé de l’institution familiale sans laquelle la civilisation est vouée à disparaître. C’est parce que je suis préoccupé des intérêts des générations à venir que je me préoccupe de la santé de l’institution familiale. C’est parce que la santé de la famille me préoccupe que je refuse d’admettre que l’égalité des femmes et des hommes puisse résulter de l’accumulation de privilèges accordés à la caste des femmes.

Tout ceci est bien abstrait. Pour expliquer les choses concrètement je vous parlerai de la situation d'un ami dont la situation est pour l'instant sans issue. Cet ami est le père de deux jeunes enfants avec lesquels il a été contraint de couper les liens. Vous savez que le protocole d’intervention policière en matière de violence conjugale est sans appel quand c’est un homme qui est l’objet d’allégations et qu’il ne s’applique que très rarement envers les femmes. On nous a fait croire en l’existence d’un épouvantail qu’on a appelé la violence faite aux femmes.

La mère des enfants de mon ami le sait elle aussi. Il a choisi d’éviter d’être perpétuellement l’objet d’allégations de violence conjugale. Il y a aussi la question de la pension alimentaire démesurée qui ne lui permet pas de subvenir à ses besoins. Il a connu une période au cours de laquelle il a été en arrêt de travail. Il a accumulé des arrérages. Depuis quelques semaines c’est la totalité de ses revenus qui sont retenus pour payer les arrérages.

Je suis moi-même le père d’un garçon de 22 ans dont j'ai déploré qu’il ne soit pas homosexuel. Je crains qu’il ne tombe lui aussi dans l’enfer de la conjugalité. Il pourrait faire partie de ceux pour qui la conjugalité ne pose pas ce genre de problème. Ce souhait est aussi absurde que celui que formulent les cambrioleurs qui souhaitent que tout se passe comme prévu.

J’ai été tenté de croire que la stérilité de mon fils serait la meilleure solution dans les circonstances mais me suis ravisé en me rappelant de mon devoir envers les générations à venir. Les féministes disent de moi que je suis un masculiniste. Elles feignent croire que je suis opposé au principe de l’égalité des sexes. Est-ce que féminisme et masculinisme n’appartiennent pas à la même catégorie. C’est la posture de ceux qui réclament des privilèges pour le clan auquel ils appartiennent.

Plus tôt cette semaine la ministre de la Condition féminine prononçait une conférence au temple maçonnique devant des membres du Féminisme organisé. Le thème de son allocution était l’égalité entre les femmes et les hommes. Je me suis présenté au micro pour lui demander s’énoncer sa position sur l’égalité réciproque entre les femmes et les hommes. Elle a feint ne pas comprendre la teneur de ma question et n’y a pas répondu.

J'ai cru que la stérilité masculine pourrait être la seule solution à l'impasse crée par le la situation qui découle de l'application du principe de l'égalité pour les femmes. Je ne peux continuer de l'affirmer sans trahir mon engagement envers les générations à venir. L'affrontement est inévitable. Je ne peux que me placer  au service d'une lutte à finir avec le Féminisme organisé. De la suite dépendent la santé de l'institution familiale et la trace que nous laisserons dans l'Histoire.