Dans sa chronique radiophonique Denise Bombardier
disait avoir remarqué ce tic langagier qui consiste à évoquer le
décès imminent de ceux avec lesquels on est en désaccord. Si la
formule n’était pas répandue il pourrait ne s’agir que d’une formule
maladroite. Si elle est récurrente c’est peut-être qu’elle exprime
le conflit de ceux qui appartiennent aux plus jeunes générations
envers la génération des bommers.
Aux yeux des plus jeunes ceux qui sont nés entre 1946
et 1961 occupent toute la place. Les valeurs de la modernité que
défend la génération des boomers ne sont pas nécessairement
celles auxquelles ils adhèrent. Les plus jeunes ont compris qu’ils
devront attendre que notre génération disparaisse pour qu’ils
puissent, à leur tour, avoir le loisir de commettre leurs propres
erreurs. Les nôtres ont trop duré.
J’en suis venu à comprendre le malaise que vivent de
plus jeunes parce que je vis le même qu’eux dans mon rapport avec le
Féminisme organisé. Selon ceux qui en font partie les
principes de l’égalité entre les hommes et les femmes ne seraient
pas réciproques. Elles ne parlent que de l’égalité pour les
femmes. Je me languis, moi aussi que l’inertie imposée par le
poids démographique des boomers disparaisse pour que souffle
à nouveau le vent de l’Histoire.
Les boomers se sont comportés comme s’ils étaient la
dernière génération de l’humanité. Nous nous sommes accaparé toutes
les ressources et nous apprêtons à laisser derrière une civilisation
hypothéquée sans valeurs ni repères. Nous sommes détestables à bien
des égards. Je comprends qu’on soit impatients que nous cédions la
place.
J’ai adopté la position mentale de celui qui se
préoccupe de la civilisation qu’il laissera aux générations à venir.
Je ne défends ni mes intérêts ni ceux de la génération à laquelle
j’appartiens mais ceux de la multitude qui suivra. Je ne peux que
les imaginer, ils ne pourront que se souvenir de nous. Dans ce
dialogue que nous entretenons je compte leur laisser de bons
souvenirs.
Cette posture me fait me préoccuper sérieusement de
la santé de l’institution familiale sans laquelle la civilisation
est vouée à disparaître. C’est parce que je suis préoccupé des
intérêts des générations à venir que je me préoccupe de la santé de
l’institution familiale. C’est parce que la santé de la famille me
préoccupe que je refuse d’admettre que l’égalité des femmes et des
hommes puisse résulter de l’accumulation de privilèges accordés à la
caste des femmes.
Tout ceci est bien abstrait. Pour expliquer les
choses concrètement je vous parlerai de la situation d'un ami dont
la situation est pour l'instant sans issue. Cet ami est le père de
deux jeunes enfants avec lesquels il a été contraint de couper les
liens. Vous savez que le protocole d’intervention policière en
matière de violence conjugale est sans appel quand c’est un
homme qui est l’objet d’allégations et qu’il ne s’applique que très
rarement envers les femmes. On nous a fait croire en l’existence
d’un épouvantail qu’on a appelé la violence faite aux femmes.
La mère des enfants de mon ami le sait elle aussi. Il
a choisi d’éviter d’être perpétuellement l’objet d’allégations de
violence conjugale. Il y a aussi la question de la pension
alimentaire démesurée qui ne lui permet pas de subvenir à ses
besoins. Il a connu une période au cours de laquelle il a été en
arrêt de travail. Il a accumulé des arrérages. Depuis quelques
semaines c’est la totalité de ses revenus qui sont retenus pour
payer les arrérages.
Je suis moi-même le père d’un garçon de 22 ans dont
j'ai déploré qu’il ne soit pas homosexuel. Je crains qu’il ne tombe
lui aussi dans l’enfer de la conjugalité. Il pourrait faire partie
de ceux pour qui la conjugalité ne pose pas ce genre de problème. Ce
souhait est aussi absurde que celui que formulent les cambrioleurs
qui souhaitent que tout se passe comme prévu.
J’ai été tenté de croire que la stérilité de mon fils
serait la meilleure solution dans les circonstances mais me suis
ravisé en me rappelant de mon devoir envers les générations à venir.
Les féministes disent de moi que je suis un masculiniste. Elles
feignent croire que je suis opposé au principe de l’égalité des
sexes. Est-ce que féminisme et masculinisme n’appartiennent pas à la
même catégorie. C’est la posture de ceux qui réclament des
privilèges pour le clan auquel ils appartiennent.
Plus tôt cette semaine la ministre de la Condition
féminine prononçait une conférence au temple maçonnique devant des
membres du Féminisme organisé. Le thème de son allocution
était l’égalité entre les femmes et les hommes. Je me suis présenté
au micro pour lui demander s’énoncer sa position sur l’égalité
réciproque entre les femmes et les hommes. Elle a feint ne pas
comprendre la teneur de ma question et n’y a pas répondu.
J'ai cru que la stérilité masculine pourrait être la
seule solution à l'impasse crée par le la situation qui découle de
l'application du principe de l'égalité pour les femmes. Je ne
peux continuer de l'affirmer sans trahir mon engagement envers les
générations à venir. L'affrontement est inévitable. Je ne peux que
me placer au service d'une lutte à finir avec le Féminisme
organisé. De la suite dépendent la santé de l'institution
familiale et la trace que nous laisserons dans l'Histoire.