Je me souviens de
l'époque où il était normal de croire ce qu'on lisait dans le journal.
Il faut avoir la naïveté d'un beau-frère pour continuer de le faire.
L'information est maintenant suspecte. Celle qu'on retrouve sur
Internet tout autant que celle que proposent les trafiquants
d'information. Dans la modernité l'informé est son propre éditeur en
chef. C'est à lui qu'échoit le rôle de distinguer la propagande de
l'information; ce qu'on aimerait bien lui faire croire de ce qu'il
choisit de croire.
Quand un journaliste
rapporte une information complaisante ne dit-on pas que l'information
lui a été pissée à l'oreille? Ils ont la pisse à l'oreille. La posture
idéologique du pisse-copie et celle de l'organe qui l'emploie ont au
moins autant d'importance que l'information qu'il véhicule. C'est par
manque de rigueur que les médias se discréditent. La complaisance de
la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)
envers ses membres les moins rigoureux ne fait rien pour améliorer les
choses. La crédibilité de l'information qui circule sur Internet est
en concurrence avec la propagande servie dans les autres médias. Dans
un marché de l'information où la propagande fait loi c'est la valeur
du messager qui est à la hausse et celle de la posture idéologique des
médias est à la baisse. C'est Marshall McLuhan qui doit bien se
réjouir là où il se trouve.
Dans quelques semaines
on célèbrera l'anniversaire du massacre de Polytechnique. Les
politiciens porteront un Ruban blanc et referont leur numéro
pour affirmer leur position sur la question de la violence des
hommes faite aux femmes. Les "statistiques" de Beau-caque
établissant qu'au cours de la dernière année ce sont 52 femmes et
enfants qui ont été assassinés par un homme ou par un inconnu
n'ont plus leur place dans les médias. Il faudra trouver autre chose.
La supercherie a été dénoncée. C'est la victoire d'Internet. Les
trafiquants d'information feraient bien d'en prendre acte. Leur
crédibilité s'effrite sauce.