Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 24 octobre 2007
Yves Pageau

Le museau du chien mort

Vous n'avez pas besoin d'être juif pour manger des bagels. Le slogan accompagnait une photographie sur laquelle un Esquimau édenté tient fièrement un bagel. À l'époque où cette affiche ornait la vitrine des boulangeries de l'ouest de la ville on pouvait craindre que la consommation de bagels provoque la chute du prépuce.

Cette époque est révolue. Les Esquimaux sont maintenant des Inuits et les mutilations génitales sont interdites au Canada. Le mot esquimau, dans la langue des Inuits, signifie celui qui mange de la viande crue. On a découvert que le terme désigne aussi les Japonais. Les mutilations génitales que subissent les garçons n'en seraient pas et le fait de soulever la question procèderais de l'antisémitisme.

La société québécoise n'a jamais surmonté l'humiliation de la conquête survenue au dix-huitième siècle. C'est gravé. Les dominants ont toujours tort et les dominés ont toujours raison. C'est le credo de la république du Plateau. Il n'est pas étonnant qu'auprès des mêmes groupes de québécois atteints de sociopathie on retrouve toute la panoplie des positions idéologiques manichéennes. Les fédéralistes ont toujours tort et les souverainistes toujours raison, l'État d'Israël a toujours tort et les Palestiniens ont toujours raison, les entreprises ont toujours tort et les syndicats ont toujours raison, les hommes ont toujours tort et les femmes ont toujours raison, les citoyens ont toujours tort et les groupes de pression ont toujours raison, ceux qui pratiquent une religion ont toujours tort et les modernes ont toujours raison. Le Québec aurait besoin de sortir de sa torpeur obsessionnelle. Au Québec même quand on a raison, si on fait partie du mauvais camp, on a tort. Quand c'est une femme qui parle d'égalité elle a raison et quand c'est un homme qui en parle il a tort. C'est un masculiniste.