Ça ne devait pas être
réjouissant de porter la soutane pendant la révolution tranquille. On
comprenait qu'on avait fait un mauvais choix de carrière. Il fallait
du courage pour annoncer à ses parents qu'on allait devenir sexologue.
Ils les voyaient promis à une brillante carrière ecclésiastique qui
faisait l'envie de l'entourage. Il fallait annoncer à son général
sacerdotale qu'on abandonnait le navire en perdition. L'air était
lourd. Ceux qui, alors, avaient déjà un projet de mariage sont ceux
qui s'en sortaient le mieux. Les autres devaient se présenter seuls
lors la prochaine
fête de famille.
C'est la déroute du
féminisme. Le moment est triste comme le Mardi Gras. Elles ne vous le
diront pas mais elles savent qu'elles oeuvrent dans une industrie qui
n'a pas d'avenir. Elles ont l'impression de faire partie d'une secte
qui avait annoncé que la fin du monde aurait lieu la semaine
précédente. Elles n'ont plus envie de subir les sarcasmes de leurs
beaux-frères. Ménagez les. Ne leur parlez plus du mensonge des trois
cent femmes battues. Dites leur simplement que le féminisme est une
bien belle idéologie et demandez leur de vous parler du massacre de
l'École Polytechnique. Ça leur fait plaisir.
Ces femmes là sont
bourrées de talent. On s'arrachera bientôt leur compétence sur le
marché de l'emploi. Il ne faudrait pas se surprendre que leur arrivée
massive de toutes ces travailleuse sur le marché de l'emploi en fasse
baisser le cours. Il ne faudrait pas se surprendre que l'offre crée la
demande. Une industrie de remplacement pourrait-elle voir le jour pour
mettre à profit toute cette main d'oeuvre? Des entrepreneurs bridés construiront-ils de nouvelles
usines pour y fabriquer d'autres bébelles inutiles? C'est improbable elles se
syndiqueraient. La politique de discrimination positive dans la
fonction publique pourrait-elle toutes les avantager? On va laisser
faire ça va déjà assez mal comme ça. L'industrie de la restauration
pourrait-elle les employer? Elles risquent de faire fuir la clientèle.
Si j'étais à leur place je me dépêcherais de réorienter ma carrière
avant que le marché de l'emploi ne soit saturé.
La crise du féminisme
arrive à point nommé au moment où on s'apprêtait à recycler les
communautés religieuses. Ce serait un secteur tout désigné elles
correspondent tout à fait au profil de l'emploi. Elles seraient prises
en charge et seraient tenues à l'écart de la société des hommes. Il y
a de l'avenir pour les religieuses.