Content d'être un gars
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Le 10 octobre 2007
Yves Pageau

Le bruit d'une main qui frappe

La question est connue. On s'en est abondamment servi dans des histoires de sages qui vont méditer dans une caverne Himalayenne. Il y va de ce genre d'histoires comme du théâtre de Sharespeare. Quand on en a compris le principe on peut se permettre des adaptations comme dans l'histoire du garagiste qui a passé l'après-midi assis sur un tas de pneus pour réfléchir à la question. Quel est le bruit d'une main qui frappe? Ne perdez pas votre temps. Je connais la réponse et elle est toute simple et remplie de sagesse. Vous verrez bien mais pas tout de suite.

Qu’est-ce qu’est ce masculinisme auquel on réfère abondamment dans les médias. Personne ne l’a jamais défini clairement. Il ne s’agirait que de la transposition du terme féminisme. Pour comprendre l’autre il faut comprendre l’un. Sait-on vraiment ce qu’est ce féminisme? Regardons le de près pour voir de quoi il est fait.

Selon la définition du dictionnaire le féminisme serait l’attitude de ceux qui  souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des homme. La définition est instructive. Pour que le légendaire masculinisme soit le contraire du féminisme il faudrait que cette définition soit réversible. Elle ne l'est pas.

Le féminisme contemporain est une transposition maladroite du marxisme dont il a emprunté les tics. Le marxisme résume la société en deux entités opposées, le Capital et le Prolétariat qui se font la lutte. L’issue de cette lutte ne peut être que la dictature du Prolétariat. C’est prévu au scénario. Il y va du marxisme comme de la commedia dell’arte en ce sens que la fin est incontournable il n’y a que la lutte des classes qui puisse offrir de l’intérêt.

Le féminisme contemporain pratiqué au Québec utilise la grille d’analyse du marxisme. Comme c’est souvent le cas quand on fait la transposition d’une œuvre littéraire le scénario original emprunté à un européen du XIXème siècle est mal adapté à la réalité à laquelle il s’applique. Ainsi la lutte des classes est devenue la lutte des sexes où le Patriarcat joue le rôle de l’oppresseur, une transposition du rôle du Capital, et les femmes jouent celui de l’opprimée une transposition du rôle du prolétariat. Selon ce scénario le féminisme mène un combat de chaudes luttes à l’issue duquel les femmes se libèrent de l’oppression du Patriarcat pour atteindre ce qu’il es convenu de désigner l’égalité pour les femmes. C’est là que ça ne fonctionne plus. Le scénario original prévoit que l’histoire se termine par la dictature de la classe opprimée.

Pour rendre les choses plus intéressantes on a inventé une inégalité essentielle. C'est parce que cette inégalité est essentielle que l'égalité tant recherchée est tellement difficile à atteindre. On a inventé le concept de la violence faite aux femmes. En vertu du principe selon lequel les hommes sont essentiellement des brutes il n'y aura d'égalité possible que le jour où les hommes auront domestiqué leur virilité et qu'ils seront devenus des femmes comme les autres.

Dans le scénario marxiste, pour qu’il y ait un combat il fallait aussi qu’il y ait un opposant. C’est là qu’on a inventé les masculinistes. La réalité que désigne le terme n’est rien d’autre qu’une invention utile au déroulement du scénario de la lutte des sexes. Il faudrait, pour en accepter l’existence, admettre l’existence d’un groupe d’opposants à l’égalité entre les femmes et les hommes. Ça ne fonctionne vraiment pas comme scénario. Pourquoi l’égalité tant recherchée serait-elle l’objet de la lutte entre deux camps convergents. L’idée est absurde. Elle lève le voile sur le paradoxe de ce féminisme qui prétend établir l’égalité entre les femmes et les hommes tout en faisant le contraire.

Le terme féminisme, le mot l’indique, est une idéologie qui ne concernerait que les femmes. Tout comme la dictature du prolétariat, l’aboutissement de la lutte des classes dans le scénario original, le féminisme ne vise rien d’autre que l’accumulation de privilèges et de ressources consentis aux apparatchiks du Pouvoir féminin. L’objectif de ce féminisme c'est le contraire de l'égalité: la dictature du Pouvoir féminin. Les scripteurs de la lutte des sexes ont mal travaillé. Ils ont utilisé un scénario qui se termine par une dictature pour tenter de l’appliquer sur un récit dont l’aboutissement devrait être l’égalité entre les antagonistes.

L’adaptation du marxisme ne fonctionne tout simplement pas. Il faut jeter tout ça au panier et inventer une nouvelle histoire. Je veux ça sur mon bureau demain matin. Il y a un scénariste qui va devoir apprendre à se servir d’une serpillière! C'est moi qui vous le dis.

Pour en revenir à notre histoire le bruit d'une main qui frappe c'est... le bruit d'une main qui frappe. Tentez l'expérience vous verrez. La réponse s'applique dans tous les cas. Vous voyez bien qu'il n'y avait pas de quoi perdre tout un après-midi assis sur un tas de pneus.