Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 10 octobre 2007
Yves Pageau

Veaux

Pourquoi est-ce que je mets du sel dans l'eau avant d'y jeter des spaghettis? Il y a certainement une raison pratique mais je l'ignore. La seule explication que j'aie trouvée c'est parce qu'on m'a enseigné à le faire. Je ne le fais que parce que je participe à une culture où c'est une chose qui se fait. De qui donc, croyez-vous, ai-je hérité de la culture à laquelle je participe? Certainement pas des voisins. C'étaient des Hongrois. Autant dire des descendants de barbares. Ces gens là ne devaient certainement pas mettre de sel dans l'eau des spaghettis. C'est aussi ça la civilisation.

Les statistiques le confirment. Au cours de l'année à venir le Québec souhaite accueillir 55 000 immigrants soit 9 000 de plus que l'an dernier. L'an dernier, malgré toute l'immigration, le Québec comptait 4 100 travailleurs de moins que l'année précédente. Il y a un malaise.

Où sont-ils donc passés? Il y a eu des mises à la retraite, des décès, des travailleurs qui ont émigré. Je ne vois pas autre chose. Au cours de la même période le nombre de travailleurs en Ontario, la province voisine, a augmenté de 14 500, ils étaient 9 700 de plus en C.-B. et 5 400 en Alberta. Au total des dix provinces canadiennes le nombre de travailleurs a augmenté de 29 000. Il y a un malaise.

On ne peut pas affliger la dénatalité. Une naissance ne donnera un travailleur de plus que plusieurs années plus tard. Pourtant les jeunes qui sont entrés sur le marché du travail l'an dernier étaient nés au cours des année '80 une période au cours de laquelle le taux de fécondité était supérieur à celui qui a cours aujourd'hui. C'est au cours de cette période là que j'ai fait ma part pour la suite du monde.

Le mot qu'il ne faut pas prononcer au Québec c'est patriarcat. C'est mal le patriarcat. Tout ce qui est masculin est mal. Les hommes, c'est bien connu, ne sont que des brutes, des assassins, des violeurs et des pédophiles. La famille, heureusement, est un domaine de compétence féminine. Le contraire du patriarcat ce n'est pas le matriarcat c'est le fémicentrisme. Les femmes sont des reproductrices. Elles nous font des veaux pour augmenter le cheptel en échange de quoi elles augmentent leurs revenus. Les pères là dedans? Ils ne veulent plus rien savoir. Ils sont exclus de la vie de leur lignée. Ils incarnent le patriarcat honni. Ils rêvent d'émigrer. Leur progéniture est confiée à des fermes d'élevage, les CCCPE. Quel est l'intérêt.

En bannissant le patriarcat tout ce qu'on a fait c'est de transformer la famille. Désormais c'est le paradigme agricole qui s'applique. Quand les veaux sont rendus à maturité ils sont envoyés à l'abattoir. Les mâles paieront, les femelles deviendront des unités de reproduction et tout le monde travaille. Seulement voilà que ce modèle n'intéresse personne. C'est l'échec il faut le reconnaître. La famille ne peut être qu'un lieu de transmission de la lignée. Il n'y a que les pères qui parlent de lignée quand ils parlent de famille. Le modèle fémicentriste est stérile.