Content d'être un gars
Glad to be a guy

 

Le 10 octobre 2007
Yves Pageau

La force qui nous contrôle

Il faut connaître la différence entre une induction et une déduction. Les déduction sont des certitudes basées sur des faits avérés alors que les inductions sont des hypothèses vraisemblables induites par le  nombre et de par la validité des faits qui permettent d'appuyer cette hypothèse. Ce n'est pas très clair, je sais, mais c'est un luxe que me permet la qualité supérieure de mon lectorat.

Si je vous parle d'un animal dont les pattes sont palmées, qui possède un bec plat semblable à celui d'un canard et qui pond des oeufs vous pourriez penser que je vous parle d'un oiseau. Ce serait une induction et cette induction pourrait être fausse. On ne sait jamais. Le castor possède des pattes palmées. La grenouille possède les pattes palmées et pond des oeufs. L'ornithorynque possède les pattes palmées et un bec semblable à celui du canard et pond des oeufs. Aucun n'est un oiseau, Il faut être prudent quand on fait des inductions.

C'est devenu un lieu commun de dire d'une organisation qui contrôle les institutions est une mafia ou qu'elle agit comme une pieuvre. La formule est folklorique mais l'idée qu'elle désigne est réelle. On sait que, contrairement à ce qu'on nous enseigne à l'école, dans un système réputé démocratique le pouvoir dévolu à l'électorat souverain est habituellement détourné au profit de forces occultes. Ce qui fait que ces forces sont occultes n'est rien d'autre que le fait que ces forces n'agissent pas ouvertement. On ne peut qu'en induire l'existence ce qui ne veut pas dire que ces forces soient inexistantes.

Il y a quelques mois, dans une chronique qu'elle publiait dans le Journal de Montréal, Lise Payette affirmait souhaiter que celles qui ne sont pas féministes subissent le même sort que F4J, l'organisation qui défend les droits des pères, et qu'elles soient interdites de tribune dans les médias. La déclaration laisse comprendre que les médias pourraient ne pas être au service du droit au public à l'information, qu'ils seraient entre autre sous le contrôle du Pouvoir féminin. Regardons le résultat: la réputation de F4J est en deçà de celle de Jojo Savard. L'organisme ne mérite pourtant pas une telle réputation. On serait tenté de croire que les forces occultes exercent leur pouvoir au moyen de rituels ésotériques. Dans le cas qui nous occupe je serais tenté de supposer que le Pouvoir féminin a diffusé une consigne à ses auxiliaires placés dans le milieu des communications pour que ni F4J ni les questions que posent l'organisme n'aient droit à une tribune. On peut le croire mais on ne peut pas l'affirmer.

L'été dernier, à l'occasion du Festival Juste pour rire, le comédien Christian Bégin présentait un sketch au cours duquel il était déguisé en superhéros à la manière de F4J. De l'aveu de l'humoriste il a cherché à souligner le grotesque de la démarche de F4J, L'opération en était une de dénigrement. Quelques jours après le spectacle le réseau de télévision d'État Télé Québec annonçait la série d'émissions qu'anime Christian Bégin. Y a-t-il un lien entre les deux événements? Est-ce qu'en faisant son numéro l'humoriste payait son tribut au Pouvoir féminin pour le privilège qui lui est accordé? On peut le croire mais on ne peut l'affirmer.

Au cours de la campagne électorale qui précédait l'élection partielle dans le comté de Charlevoix le 24 septembre Daniel Laforest, le président de F4J avait posé sa candidature à titre de candidat indépendant. L'attachée politique de Pauline Marois, la candidate vedette, a alerté les médias. Le responsable de ses communications s'occupe du site Content d'être un gars sur lequel il y avait un lien à partir du site de F4J. Il fallait retirer ce lien immédiatement. Ça a été fait en cours de campagne. Du reste de la campagne électorale on n'a plus mentionné l'existence du candidat Laforest. N'est-ce pas étrange? On pourrait être tenté de croire que les médias n'étaient pas au service du droit au public à l'information mais de celui de la rectitude politique par association. Ça commence à sentir moins bon.

En août 2005 Jean-François Plante, qui était conseiller municipal à la ville de Montréal, avait présenté une résolution pour que soit désignée la journée de l'homme comme on l'avait fait à la ville de Port-Cartier en 2003. À l'époque le Conseil des montréalaises, un groupe de pression financé par la ville, s'était livré à des manoeuvres d'intimidation à l'endroit des élus pour que la résolution soit rejetée.

Lors des élections générales de mars dernier Jean-François Plante a posé sa candidature comme député provincial. En cours de campagne les médias se sont acharnés pour affirmer que son refus de porter le Ruban blanc en commémoration du drame de Polytechnique de 1989 n'est rien d'autre que des propos misogynes. On connaît la suite. Le candidat Plante a abandonné la course en pleine campagne, son comté a été remporté par un membre du même parti qui, lors de cette élection, a remporté trente six sièges de plus que lors de l'élection précédente. L'opération était clairement destinée à l'empêcher de devenir député. Aurait-elle été commandée par le Pouvoir féminin? On peut le croire mais on ne peut pas l'affirmer.

Suivant l'hypothèse de l'influence du Pouvoir féminin sur les médias et sur les institutions politiques on ne peut que se questionner sur l'origine d'un tel pouvoir. Serait-il au service d'un autre pouvoir occulte? Suggérer une réponse à cette question m'assurerait le discrédit réservé à ceux qui pointent dans la bonne direction. Posez-vous donc la question. Les choses ne sont pas nécessairement ce qu'on aimerait nous faire croire qu'elles sont.