Il faut connaître la différence entre une induction et
une déduction. Les déduction sont des certitudes basées sur des faits
avérés alors que les inductions sont des hypothèses vraisemblables
induites par le nombre et de par la validité des faits qui
permettent d'appuyer cette hypothèse. Ce n'est pas très clair, je
sais, mais c'est un luxe que me permet la qualité supérieure de mon
lectorat.
Si je vous parle d'un animal dont les pattes sont
palmées, qui possède un bec plat semblable à celui d'un canard et qui
pond des oeufs vous pourriez penser que je vous parle d'un oiseau. Ce
serait une induction et cette induction pourrait être fausse. On ne
sait jamais. Le castor possède des pattes palmées. La grenouille
possède les pattes palmées et pond des oeufs. L'ornithorynque possède
les pattes palmées et un bec semblable à celui du canard et pond des
oeufs. Aucun n'est un oiseau, Il faut être prudent quand on fait des
inductions.
C'est devenu un lieu commun de dire d'une organisation
qui contrôle les institutions est une mafia ou qu'elle agit comme une
pieuvre. La formule est folklorique mais l'idée qu'elle désigne est
réelle. On sait que, contrairement à ce qu'on nous enseigne à l'école,
dans un système réputé démocratique le pouvoir dévolu à l'électorat
souverain est habituellement détourné au profit de forces occultes. Ce
qui fait que ces forces sont occultes n'est rien d'autre que le fait
que ces forces n'agissent pas ouvertement. On ne peut qu'en induire
l'existence ce qui ne veut pas dire que ces forces soient
inexistantes.
Il y a quelques mois, dans une chronique qu'elle
publiait dans le Journal de Montréal, Lise Payette affirmait souhaiter
que celles qui ne sont pas féministes subissent le même sort que F4J,
l'organisation qui défend les droits des pères, et qu'elles soient
interdites de tribune dans les médias. La déclaration laisse
comprendre que les médias pourraient ne pas être au service du
droit au public à l'information, qu'ils seraient entre autre sous
le contrôle du Pouvoir féminin. Regardons le résultat: la
réputation de F4J est en deçà de celle de Jojo Savard. L'organisme ne
mérite pourtant pas une telle réputation. On serait tenté de croire
que les forces occultes exercent leur pouvoir au moyen de rituels
ésotériques. Dans le cas qui nous occupe je serais tenté de supposer
que le Pouvoir féminin a diffusé une consigne à ses auxiliaires
placés dans le milieu des communications pour que ni F4J ni les
questions que posent l'organisme n'aient droit à une tribune. On peut
le croire mais on ne peut pas l'affirmer.
L'été dernier, à l'occasion du Festival Juste pour
rire, le
comédien Christian Bégin présentait un sketch au cours duquel il était
déguisé en superhéros à la manière de F4J. De l'aveu de
l'humoriste il a cherché à souligner le grotesque de la démarche de
F4J, L'opération en était une de dénigrement. Quelques jours après le
spectacle le réseau de télévision d'État Télé Québec annonçait la
série d'émissions qu'anime Christian Bégin. Y a-t-il un lien entre les
deux événements? Est-ce qu'en faisant son numéro l'humoriste payait
son tribut au Pouvoir féminin pour le privilège qui lui est
accordé? On peut le croire mais on ne peut l'affirmer.
Au cours de la campagne électorale qui précédait
l'élection partielle dans le comté de Charlevoix le 24 septembre
Daniel Laforest, le président de F4J avait posé sa candidature à titre
de candidat indépendant. L'attachée politique de Pauline Marois, la
candidate vedette, a alerté les médias. Le responsable de ses
communications s'occupe du site Content d'être un gars sur
lequel il y avait un lien à partir du site de F4J. Il fallait retirer
ce lien immédiatement. Ça a été fait en cours de campagne. Du reste de
la campagne électorale on n'a plus mentionné l'existence du candidat
Laforest. N'est-ce pas étrange? On pourrait être tenté de croire que
les médias n'étaient pas au service du droit au public à
l'information mais de celui de la rectitude politique par
association. Ça commence à sentir moins bon.
En août 2005 Jean-François Plante, qui était conseiller
municipal à la ville de Montréal, avait présenté une résolution pour
que soit désignée la journée de l'homme comme on l'avait fait à la
ville de Port-Cartier en 2003. À l'époque le Conseil des
montréalaises, un groupe de pression financé par la ville, s'était
livré à des manoeuvres d'intimidation à l'endroit des élus pour que la
résolution soit rejetée.
Lors des élections générales de mars dernier
Jean-François Plante a posé sa candidature comme député provincial. En
cours de campagne les médias se sont acharnés pour affirmer que son
refus de porter le Ruban blanc en commémoration du drame de
Polytechnique de 1989 n'est rien d'autre que des propos misogynes. On
connaît la suite. Le candidat Plante a abandonné la course en pleine
campagne, son comté a été remporté par un membre du même parti qui,
lors de cette élection, a remporté trente six sièges de plus que lors
de l'élection précédente. L'opération était clairement destinée à
l'empêcher de devenir député. Aurait-elle été commandée par le
Pouvoir féminin? On peut le croire mais on ne peut pas l'affirmer.
Suivant l'hypothèse de l'influence du Pouvoir
féminin sur les médias et sur les institutions politiques on ne
peut que se questionner sur l'origine d'un tel pouvoir. Serait-il au
service d'un autre pouvoir occulte? Suggérer une réponse à cette
question m'assurerait le discrédit réservé à ceux qui pointent dans la
bonne direction. Posez-vous donc la question. Les choses ne sont pas
nécessairement ce qu'on aimerait nous faire croire qu'elles sont.