Le mot est compliqué je sais.
Il m'est tombé dessus sans que je n'aie rien demandé à personne. C'est
l'ami d'un ami qui l'inventé. Il a dit à notre ami commun d'aller
demander à Pageau de le mettre en marché.
Ce n'est pas la première fois
que nous mettons une mot en marché. Ce sont des choses qui arrivent.
Parfois ce sont des néologismes, parfois ce sont des mots qui sont
inscrits dans le dictionnaire. Tostérophobie est un néologisme.
Il y avait une réalité qui n'avait pas de mot pour la désigner. Il y a
quelqu'un qui en a inventé un. Bravo.
Ça devait être en janvier 2004
quand j'avais lancé le terme fémisexiste. Le terme a été repris
dans un article par un asiatique. Son article avait été largement
diffusé. Aujourd'hui on serait surpris que le mot ne soit pas inscrit
dans le dictionnaire. En popularisant le terme nous avons aussi établi
que le sexisme féminin existe.
Tostestérophobie; je ne penses
pas que le mot soit voué à l'usage populaire. On comprend bien ce
qu'il désigne, la peur ou le mépris de tout ce qui est mâle, et la
réalité qu'il désigne est malheureusement bien réelle mais le mot est
trop compliqué pour être populaire.
C'est parce que le mot est
compliqué qu'il devrait trouver sa niche chez les savants. Il y aura
bien un barbu dans une université quelconque qui, un jour, fera une
conférence dont le titre sera Tostérophobie. Le mot sera lancé.
Le barbu sera invité à la télé. Il écrira un bouquin sur le sujet. On
l'entendra de la bouche d'un des personnages de la télésérie
Virginie. La question sera alors posée. Pourquoi est-ce que dans
notre société on déteste tant les mâles? Aujourd'hui personne ne se la
pose.
Avec le mot c'est la conscience
du geste qui prendra place. Ce qui, aujourd'hui, n'est pas nommé
n'existe pas. La tostestérophobie existe, bien sur, mais elle est
invisible. En la nommant elle cesse d'être invisible. Désormais elle
ne passera plus inaperçue.
On lui trouvera peut-être un
diminutif pour l'usage courant. Que diriez-vous de tos(testéro)phobie.
Tosphobie. Ça tient le route. Je vais utiliser le terme aussi souvent
que possible au moins au cours des prochains jours. Si nous sommes
assez nombreux à le faire c'est la tostérophobie qui devrait en
souffrir.