Le Bien le le Mal sont allés au
au bal. À l'aube ils sont rentrés ensemble. On ne savait pas que ces
deux là avaient des sympathies. C'est normal, puisqu'ils ont toujours
formé une paire, qu'ils forment un couple.
Le Bien c'est la mission au
prix du sacrifice. Le Mal c'est le bénéfice personnel au prix de la
mission. Un peu de Bien et un peu de Mal c'est l'équilibre. C'est le
principe d'un peu de pain pour finir la mélasse et d'un peu de mélasse
pour finir le pain. On s'enrichit et on contribue au bien collectif;
le bien collectif favorise l'enrichissement individuel. C'est le Tao
de la richesse.
Pensez-vous sérieusement que
ces deux là devraient coucher ensemble? À qui ressembleront leurs
rejetons? À qui ressemblera leur famille? Pensez-vous sérieusement que
la mission et le bénéfice puissent se métisser pour former un tout
cohérent?
Pourtant, quand on ne regarde
que celui des deux qui porte l'auréole on serait tenté d'y croire. On
l'imagine dans une confortable maison en train de ne jamais manquer
d'intégrité. C'est quand on a vu la démesure de la confortable
maison qu'on s'est demandé si tout ça c'est possible sans
jamais avoir manqué d'intégrité. C'est devenu clair: tout ça c'est de
la frime. Il n'y a pas de retour possible. Le charme est rompu. Le
Bien a les cornes à l'air. Est-il possible que son jeu n'ait jamais
été qu'intéressé? Quand on comprend qu'on a été naïf on se déteste et
c'est quand on se déteste que les têtes roulent. Aucune menace ni
aucune justification ne ramènera jamais le charme rompu. Il faut
l'accepter et qu'elle se retire puisque son père ne l'avait pas fait.