Si l'on
regarde rapidement certains résultats pour l'année 2007 en ce qui a
trait aux agressions sexuelles, on constate que le taux chez les
femmes est de 107,5 sur 100000 femmes en 2007 .Si l'on compare avec les
années antérieures, on constate qu'il s'agit du plus bas taux
d'agression sexuelle chez les femmes depuis l'année 2001 avec un taux de
100,6 par 100000, alors que le taux de 2002 avait atteint 109,9 pour
100000 chez les femmes. Chez les hommes également, le taux a régressé en
2007, mais moins que chez les femmes en comparaison. C'est le taux le
plus bas enregistré depuis 2004 avec un taux de 23,9 pour 100000.
Même au
cours des années 2005 et 2006 où les taux de signalement des agressions
sexuelles ont augmenté de manière significative à la suite de l'affaire
de Nathalie Simard et du battage médiatique qui s'en est ensuivi, le
taux chez les femmes est passé de 109,4 en 2004 à 122,3 en 2005, soit
une hausse de 11,8% de ce taux. Chez les hommes, le taux est passé de
23,9 pour 100000 en 2004 à 27,7 pour 100000 en 2005, soit une hausse de
15,9 %. On peut presque conclure que la publicité entourant
l'affaire Nathalie Simard a incité proportionnellement plus d'hommes à
rapporter leur situation que ce ne fut le cas chez les femmes.
Malgré
l'énormité du tapage médiatique, l'augmentation du nombre réel de cas
signalé à la police par des victimes qui avaient omis de signaler une
agression sexuelle est demeuré relativement modeste et ne vient accorder
aucun soutien à la théorie voulant que des milliers de
victimes continuent de cacher leur situation. Malgré les campagnes
répétées, rien n'est venu soutenir cette paranoïa victimaire dans
laquelle continuent à se complaire les groupes de pression. La majorité
des agressions sont des agressions de niveau I, c'est-à-dire sans arme
et sans blessure. Chez les femmes, en 2007, le nombre d'agression
sexuelle de niveau III (c'est-à-dire agression grave blessant, mutilant
ou défigurant la victime ou mettant sa vie en danger) se situe à 19, et
compte pour 0,5 % (la moitié de 1 %) du total des agressions sexuelles
subie par les femmes. Les agressions sexuelles de niveau II (avec
l'utilisation d'un arme et/ou la menace de causer ou causant des lésions
corporelles) se chiffrent à 65 et comptent pour 1,6% du total des
agressions subies par des femmes. Dans 81,2% des cas (3404 agressions)
il s'agit d'agressions de niveau I (l'agression ne cause pas ou presque
pas de blessures corporelles à la victime) et dans 16,8% des cas (705 ca),
il s'agit d'autres infractions sexuelles (contacts ou attouchements
sexuels avec des enfants de moins de 14 ans, incitation à ces contacts
sexuels, etc., voir la page 15 du document).
En
somme, il y a eu en 2007 un total 84 agressions sexuelles de niveau III
ou de niveau II (graves ou armées), soit 2,1% du total des
4193 infractions sexuelles subies par des personnes de sexe féminin.
Chez les hommes, il y a eu 13 de ces infractions qui comptent pour 1,4%
du total des infractions subies par des personnes de sexe masculin.
Une
seule infraction d'ordre sexuel, qu'elle soit subie par un homme ou une
femme, sera toujours une infraction de trop, et ces infractions doivent
être dénoncées.
Cependant, les fausses statistiques sur les agressions sexuelles
véhiculées par certains organismes causent également d'énormes
préjudices au plan social, et il importe également de les dénoncer, car
elles véhiculent des stéréotypes sexistes inacceptables. À cet égard,
les ministres de la condition féminine et de la justice gardent un
silence que l'on peut considérer comme honteux dans une société
civilisée.
En
outre, le ministère de la Sécurité publique se garde bien de publier les
données sur les fausses allégations d'agression sexuelle, de sorte qu'il
est impossible de vérifier si les campagnes menées par le gouvernement
ont eu pour effet de faire augmenter les faux signalements d'agression
sexuelle et d'identifier s'il y aurait lieu d'apporter des correctifs à
ces campagnes de manière à éviter d'encourager la commission de faux
signalements.
Jean-Pierre Gagnon
responsable de recherche
L'APRES-RUPTURE