En réponse à votre courriel, je vous remerercie pour ces
précisions. En effet à la relecture des derniers articles vous avez
raison. Je verrai comment rectifier cela sur mon site dès que j'aurai la
possibilité de le retoucher. Je ne souhaite pas entretenir de confusion.
Vous comprendrez que je suis devenu très sensible à ce
genre de thème. Dans cette affaire je n'ai eu accès qu'à la presse, pas
à des sources directes. De ce que j'ai lu, il ressortait quand même
ceci:
- elle s'est d'abord posée en victime de problèmes
conjugaux pour expliquer son comportement agressif envers les policiers
( au tout début, je n'ai plus la date et pas cet article-là avec moi);
- ce n'est qu'après qu'elle a reconnu avoir une part
de responsabilité; elle avait toutefois d'abord déposé plainte puis elle
l'a retirée;
- le flou sur le compagnon est entretenu jusqu'au 30
avril;
- ses propres propos sur son comportement, son
attitude envers son autre ex-compagnon (en s'incrustant chez lui et
insultant tout le monde) et la soirée décrite par l'Hebdo ne plaident
pas en faveur d'une victime; elle dit elle-même que ce n'est pas la
première fois qu'elle pète les plombs; c'est un comportement de
harcèlement et d'agression caractérisée; un homme qui aurait eu le même
comportement en présence de la police aurait été arrêté et incarcéré;
- les injures envers la police font aussi partie des
actes d'agression envers les forces de l'ordre, c'est d'ailleurs ainsi
que la police elle-même caractérise cela: injure = agression;
- son affirmation sur la violence subie une fois
n'a pas été vérifiée auprès de l'homme incriminé: il n'y a donc pas lieu
de la prendre pour la vérité, sauf à considérer qu'une femme a forcément
raison et un homme forcément tort;
- si cela était avéré, il faudrait connaître les
détails de la scène: qui a poussé qui à bout, y a-t-il eu par exemple
insultes de sa part sous l'emprise de l'alcool? Etait-ce un geste de
désespoir de la part de ce compagnon? (ce qui pour autant ne le justifie
pas);
- d'une manière générale la polémique sur la violence
conjugale est loin d'être finie; les propos de Mme Roth-Bernasconi
montrent à quel point ce thème est devenu idéologique en-dehors de
toutes honnêteté intellectuelle; les chiffres cités dans la plupart des
sondages sont amplifiés et démentis par les études plus rigoureuses; la
vraie violence, physique, concerne environ 2 à 3% de femmes victimes, et
1,5 à 2% d'hommes victimes; et n'oublions pas qu'en Suisse 1/3 des tués
par la violence conjugale sont des hommes, soit un homme pour 2 femmes;
- bien sûr que si l'on prend en compte la violence
psychologique, les chiffres montent: rabaissement volontaire,
dénigrement de l'autre, etc; dans ce domaine les nombreuses études
américaines et canadiennes entre autres montrent que les femmes sont
plus souvent agresseures que les hommes; si l'on ajoute encore les
reproches par exemple sur l'habillement, la coiffure (mais est-on là
vraiment dans la violence conjugale?) les chiffres explosent jusqu'à
10%;
- la presse relate de plus en plus les meurtres commis
par des femmes, les infanticides nombreux, la violence des bandes de
filles ados, et l'on commence à lever le voile sur le tabou de
l'inceste et la pédophilie féminins (comme à Outreau entre autres); le
cliché femme victime-homme agresseur est à côté de la réalité;
- je rappelle ici l'enquête réalisée en Suisse en 2004
par les autorités fédérales, dans le cadre du rapport sur le bien-être
de la famille:
-
« 8% des femmes et 7 % des hommes
reconnaissent bousculer, pousser ou secouer leur partenaire sous
l'effet de la colère. 1,6 % des femmes comme des hommes disent frapper
leur partenaire, que ce soit à coups de pied ou de poing ; 0,6 % des
femmes et 0,7 % des hommes admettent régulièrement rouer de coups leur
partenaire, le maltraiter avec des objets voire l'étrangler. En ce qui
concerne la violence psychique, 9 % des femmes contre 5 % des hommes
déclarent menacer leur partenaire ; 11 % des femmes contre 5 % des
hommes avouent rabaisser volontairement leur partenaire en le
dénigrant, en le vexant ou en trahissant sa confiance ; 1 % des femmes
et 2 % des hommes endommagent ou détruisent, dans un conflit, des
objets auxquels le partenaire tient particulièrement. »
ce qui est intéressant dans cette enquête c'est que la
question n'est pas: êtes vous victime?" mais: "êtes-vous agresseur-e?";
autant de femme que d'hommes reconnaissent l'être.
En conclusion, tout ceci n'a pas pour but de criminaliser
les femmes par principe, ni d'exonérer les hommes violents. Le but est
de rétablir la vérité, l'équilibre, et de stigmatiser la pensée misandre
qui ne s'est que trop développée ces dernières années et qui aboutissent
à considérer l'homme comme forcément coupable, par principe.
Je l'ai vécu intimement, je sais de quoi je parle. Les
pères divorcés connaissent trop bien cela eux aussi.
Bien à vous, en vous remerciant pour votre intérêt et
votre réponse.
John Goetelen
hommecible@yahoo.fr
http://www.hommecible.com
Nouveau Yahoo! Mail ok sur Safari et Firefox. En cas de
lecture incorrecte, pensez à actualiser votre navigateur.
----- Message d'origine ----
De : Léo Bysaeth <lbysaeth@lexpress.ch>
À : John Goetelen <hommecible@yahoo.fr>
Envoyé le : Jeudi, 8 Mai 2008, 8h48mn 18s
Objet : RE: Affaire Garbani: Le droit de rêver
Affaire Garbani
Vous écrivez :
Quand on sait qu’il a dû appeler la police pour
qu’elle parte de chez lui, et qu’il a déposé une plainte contre
elle (qu’il a ensuite retirée), on se pose bien des questions
Or ceci
est totalement faux : le compagnon qu’elle a accusé de violence
domestique n’est pas la personne chez qui elle s’est incrustée,
qui est en fait son ex compagnon.
Par
ailleurs, Mme Garbani a reconnu lors d’une conférence de presse
vendredi 25 avril qu’elle n’avait pas porté plainte contre la
personne qu’elle a désigné comme l’auteur de violences contre
elle, parce qu’elle estimait en l’occurrence avoir sa part de
responsabilité. Elle a dit aussi, justement, et contrairement à
ce que vous écrivez, qu’elle refusait d’être une icône des
femmes battues. Elle a en revanche précisé que le fait d’avoir
été pour quelque chose dans la réaction de son compagnon ne
rendait pas excusable le fait de frapper.
Contrairement à ce que vous écrivez, donc, elle ne s’est pas
posée en victime, même si, lors de la première interview qu’elle
a donnée, elle a expliqué une partie de ses absences
professionnelles par le fait qu’elle vivait alors une situation
de violence domestique. C’était plus un coming out qu’une mise
en accusation de son compagnon, même si l’un entraîne l’autre,
je vous l’accorde.
Bien à
vous,
Léo
Bysaeth
Journaliste
L’Express/L’Impartial