Chers
amis.
Comme
j'aurais aimé être avec vous ce soir
Je crois
que nous avons tant de choses a nous dire mais surtout... tant de choses a
faire.
J'ai
beaucoup réfléchi depuis la dernière élection provinciale sur le genre de
société que le Québec est devenu. Je ne sais pas si vous êtes comme moi
mais souviens je me sens probablement comme pouvait se sentir une
suffragette au début du 20e siècle. On nous isole, on nous fait passer
pour des monstres, pour de dangereux extrémistes, on vous fait des menaces
a peine voilées, on vous demande, que dis-je, on vous ordonne d'avoir le
"bon ton".
On vous
fait sentir que vos revendications comme celles des suffragettes sont
complètement farfelues, on tente de vous disqualifier de l'arène
familiale, publique ou politique. En effet, une femme qui revendiquait le
droit de vote et sa place dans la société au début du 20e siècle ne
pouvait être qu'une mauvaise mère.
Vous voyez
le parallèle?
Un père
qui revendique sa place au début du 21e sicle ne peut être qu'un mauvais
père.
Au moins
au début du 20e siècle quand on disait aux femmes que leur place était
dans la cuisine ça leur faisait toujours bien une place ou aller, mais
aujourd'hui ou est la place des hommes et des pères qui s'assument? Au
guichet? En prison?
Lorsque
nos enfants regarderont notre Époque avec du recul dans peut être 40 ou 50
ans. Ils ne pourront que rire des dinosaures et des comportements qui sont
pourtant considérés comme normaux maintenant comme nous regardons avec un
certain sourire les comportements ridicules du genre humain envers les
femmes qui voulaient s'épanouir il y a 100 ans.
En 1905,
Christabel et Annie Kenney furent arrêtées pour avoir crié des slogans en
faveur du vote féminin lors d'une réunion politique du Parti Libéral
Britannique. Elles choisirent l'incarcération au lieu de payer une amende.
Ce fut le début d'une suite d'arrestations suscitant la sympathie du
public pour les suffragettes. Celles-ci se mirent à brûler des
institutions symboles de la suprématie masculine qu'elles combattaient :
une Église ou un terrain de golf réservé aux hommes par exemple. Des
grèves de la faim suivirent dans les prisons.
La police
tenta de les obliger à manger, mais cela ne les a pas arrêté. Le
gouvernement répondit sans succès avec la loi dite « Chat et Souris ».
Quand une gréviste Était trop faible, elle Était relâchée puis
réincarcérée une fois sa vie hors de danger.
Les
suffragettes eurent ce qu'elles considérèrent comme leur première martyre
en 1913 quand Emily Davison fut mortellement blessée en tentant d'arrêter
le cheval du roi Édouard VII, qui participait à un derby.
Ça s'appelait attirer l'attention.
Autre
temps autre moeurs, aujourd'hui on s'habille en super héros et on doit
monter sur les ponts pour avoir le même effet...
Nous
devons apprendre de ces femmes du début des années 1900 et la plus grande
leçon que nous pouvons en tirer c'est que seuls nous n'y arriverons pas.
C'est
pourquoi je suis si heureux de constater que Lise et sa gang de
l'Association des nouvelles conjointes sont avec nous non seulement comme
compagnes de vie mais aussi comme compagnes de combat. Parce que c'est
avec elles que nous allons démontrer l'incroyable sexisme des lois, c'est
avec elles que nous allons démontrer notre attachement a la famille et a
nos enfants.
Non, nous
n'avons pas a nous excuser d'Être des hommes et même si pour moi la
dernière campagne électorale a été très dure, je combattrai toute ma vie
les inepties comme celles de la ministre Courchesne qui déclarait il n y a
pas si longtemps que « Soulever la question des hommes dans une
perspective d'égalité peut faire sourciller, d'autant plus qu'au Québec et
ailleurs dans le monde, des groupes d'hommes accusent les féministes de
plusieurs des maux sociaux et réclament l'attention des pouvoirs publics
et des médias. Il faut rester vigilantes face à des discours qui
pourraient masquer une volonté de maintenir des inégalités ou des pouvoirs
et privilèges associés à une autre époque.»
Madame la
Ministre, si cet énoncé résume votre pensée, nous avons, je crois,
collectivement de sérieuses questions à nous poser sur votre lecture de la
réalité. Vous est-il venu à l’esprit, madame la ministre, que des «
groupes d’hommes » existent parce que des situations extrêmement perverses
affligent les hommes présentement. Si, Madame la ministre il est pour vous
normal qu’en cas de divorce, seulement le père doit justifier ses
capacités parentales alors que toute la latitude est donnée à la mère même
incompétente il y a un doute à avoir.
Si pour
vous, Mme la Ministre, il est normal qu’en cas de rupture d’un couple,
dans plus de 80% des cas, c’est la femme qui obtient la garde des enfants,
il y a un doute à avoir.
Qu’une
chance égale soit donnée à tous et à toutes peu importe couleur, sexe,
religion, orientation c’est très bien et même souhaitable, mais il faut
maintenant constater qu’une nette discrimination s'est installée ces
dernières années au détriment des hommes dans tous les domaines et il est
temps que cette bouffonnerie cesse, il y va de la paix sociale.
En tant
qu’homme je n’ai pas à m’excuser d’exister Madame.
En tant
qu’homme, je ne suis pas un Marc Lépine en puissance Madame.
En tant
qu’homme je n’ai pas a porter la croix de la violence faite aux femmes pas
plus que je ne demande aux femmes de porter celle de la violence que
certaines font subir aux hommes, Madame.
En tant
qu’homme je ne suis pas pire ou meilleur parent qu’une femme, juste la
moitié et ce sera assez, Madame.
De faire
valoir nos droits ne fait pas de nous des anti-femme Madame la ministre et
je vous invite à la plus grande prudence dans vos propos, car je ne
reproduirai pas ici la totalité de vos propos incendiaires appelant à la
vigilance au sujet de « groupes d’hommes », mais si l’égalité fait
réellement partie de vos priorités, je vous invite a appliquer le même
jugement lorsqu’il s’agit de femmes ou de « groupes de femmes » pour vous
paraphraser
En effet
que diriez-vous si un groupe d’hommes se proposait de faire du « female
bashing » comme le font au sujet des hommes des dizaines de groupes de
femmes sur Internet ? Que feriez-vous Madame la Ministre si c’était les
jeunes filles qui avaient un taux de décrochage scolaire aussi alarmant
que celui des garçons actuellement ?
Vous
êtes-vous rendu compte madame la ministre qu’il est même perçu comme un
crime de lèse-féminisme de s’interroger sur les problèmes académiques des
garçons. Eh oui, selon Michèle Asselin présidente de la Fédération des
femmes du QuÉbec ce serait une « charge contre le féminisme » que de
remettre en question certains modèles Établis comme vérité absolue dans
notre monde scolaire.
Eh bien la
madame la ministre, je suis désolé, mais ça va faire le niaisage, vous
n’aimeriez sûrement pas qu’on s’adresse à vous comme à une personne qui a
obtenu son poste par discrimination en faveur des femmes, j’ose espérer
que vous y êtes par compétence alors je vous prierais à l’avenir de tenir
compte de la réalité masculine avec l’égarement moins de condescendance et
un peu plus de sens commun.
Défendre
des hommes n’est pas une négation des acquis des femmes. Il serait
sympathique que notre ministre ait autant d’égard à défendre les pères
qu’à défendre les mères. L’égalité tant recherchée fonctionne des deux
bords. Et jamais, et je le répète, jamais, je ne m’excuserai d’exister
madame, il en est de même pour des centaines de milliers d’hommes et de
papas au Québec.
En
terminant, sur une note positive, je remercie Madame la Ministre de
contribuer si activement à la compréhension d’un mot encore trop souvent
tabou au Québec... le mot misandrie.
Merci a
vous tous et surtout.. a vous toutes de partager cette noble cause
Jean-François Plante