Lettre ouverte
L'après-rupture
Ateliers pour les liens père-enfants, Inc.
2 avril 2008
"BRISONS LE SILENCE" ... une autre
propagande féministe!
Après la récente campagne de dénigrement des
hommes du Québec portant sur la violence conjugale, orchestrée par la
ministre Christine St-Pierre de la condition féminine, voilà que la ministre
rapplique avec une nouvelle campagne de salissage. Il s'agit cette fois de
faire croire à la population que les hommes du Québec sont de redoutables
agresseurs sexuels! Les gros méchants mâles d'ici agresseraient sexuellement
une femme sur trois... Le problème, c'est que cette campagne ne repose sur
aucune assise scientifique sérieuse. Ce qui est encore plus grave, c'est que
le Ministère de la Justice appuie une telle campagne de propagande haineuse.
Encore une fois, on mélange les vrais coupables avec les présumés coupables,
les vraies victimes et les présumées victimes. C'est tordre incidieusement
la réalité du phénomène des agressions à caractère sexuel. Voici pourquoi:
Dans le communiqué de presse émis le 31 mars,
la ministre québécoise de la condition féminine, Christine St-Pierre, affirme
que «Cette campagne va droit au but, par des messages sans équivoque sur la
dure réalité des agressions sexuelles. Toutefois, elle le fait sans artifice,
et trace avec justesse le portrait de la situation.».
| Brisons le silence...pour que ça
cesse - VASTE CAMPAGNE GOUVERNEMENTALE DE SENSIBILISATION SUR LES
AGRESSIONS A CARACTERE SEXUEL
QUÉBEC, le 31 mars /CNW Telbec/ - Le
gouvernement du Québec lance cette semaine une importante campagne conçue
pour sensibiliser la population québécoise à la problématique des
agressions à caractère sexuel. Sous la responsabilité conjointe du
ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et
du ministère de la Justice, en collaboration avec huit autres ministères,
cette campagne, une première au Québec, vise à faire connaître la
situation réelle en ce qui a trait aux agressions sexuelles et à leurs
conséquences pour les personnes qui en sont victimes.
«Toute la population doit en savoir davantage sur cette
problématique qui porte atteinte aux droits fondamentaux des personnes qui
en sont victimes et entraîne des conséquences pour chacune d'elles», a
déclaré la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition
féminine, Mme Christine
St-Pierre.
«Les agressions sexuelles sont criminelles. En 2005, selon
les données du ministère de la Sécurité publique, il y a eu en moyenne 16
agressions sexuelles qui ont été déclarées par jour à la police; on estime
par ailleurs qu'à peine le cinquième des agressions sexuelles qui sont
commises font l'objet d'une plainte à la police. Par cette campagne de
sensibilisation, nous visons à briser ce silence», a précisé le ministre
de la Justice, M. Jacques Dupuis.
Cette campagne représente une des mesures qui découlent des
Orientations gouvernementales en matière d'agression sexuelle, lesquelles
visent à prévenir, dépister et contrer les agressions sexuelles. Le
Rapport sur la mise en oeuvre des engagements gouvernementaux 2001-2006 en
matière d'agression sexuelle fait état de résultats positifs. Parmi
ceux-ci, soulignons notamment la consolidation des 62 centres désignés du
réseau de la santé et des services sociaux qui offrent des services aux
adultes et aux enfants victimes d'une agression sexuelle.
Une campagne de sensibilisation de grande envergure Dotée
d'un budget de 1,3 million de dollars, la campagne se poursuivra au-delà
de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels,
qui se déroule du 12 au 19 avril prochain. Parmi les moyens mis en
oeuvre, mentionnons la diffusion de messages télévisés et des moyens qui
ciblent plus spécifiquement les jeunes, notamment par l'entremise, de
Vrak.TV, de Musique Plus et de Zoom Média. «Cette campagne va droit au
but, par des messages sans équivoque sur la dure réalité des agressions
sexuelles. Toutefois, elle le fait sans artifice, et trace avec justesse
le portrait de la situation. Je suis persuadée que cette campagne
contribuera à ce que la population brise le silence pour mettre un terme à
cette triste réalité», a conclu Mme St-Pierre.
Les personnes qui désirent obtenir aide, information et
référence peuvent le faire en téléphonant au 1 866 LE CAVAC (532-2822) ou
en consultant le site
Web
www.BrisonsLeSilence.com.
-30-
N.B. Les soulignés dont de L'AR |
La ministre se porte donc
garante de l'exactitude rigoureuse des affirmations que comportent les divers
éléments de cette publicité.
Il importe donc d'en examiner un à un les éléments pour s'assurer de leur
justesse, faute de quoi il y aura lieu de demander des explications.
Premier exemple d'une
affirmation discutable de «Brisons le silence»:
«80% des victimes connaissent leur agresseur qui, la majorité du
temps, n'a pas de problème de santé mentale»

Extrait du site :
"brisonslesilence.com",
propriété de "Secrétariat à la condition féminine"
dont le contact administratif est Jean-Philip Tremblay du SCF, mis en ligne
le 26 mars 2008
Le site «Brisons le silence» n'offre
aucune référence à l'appui de cette information. Il serait nécessaire que
cette affirmation soit étayée par des recherches dont la crédibilité et la
rigueur ne font aucun doute.
Cette affirmation de «Brisons le silence» est mise en
question par les résultats d'une vaste recherche empirique menée en Suède dont
les résultats ont été publiés en 2007 dans le
Journal of Clinical Psychiatry,
vol. 68, p. 588-596.
L'article s'intitule Severe Mental Illness and
Risk of Sexual Offending in Men: A Case-Control Study Based on Swedish
National Register., par Seena Faze, Gabrielle Sjostedt, Niklas Langstrom et
Martin Grann.
Cet article couvre TOUS les agresseurs sexuels
en Suède pour TOUTE la période 1988 à 2000, soit 8495, qui ont été comparés à
un important échantillon populationnel de participants de sexe masculin.
(19935 participants). Il s'agit donc d'une analyse exhaustive d'une
population. On est donc loin des petites études de 12 ou 15 personnes dont
raffolent les chercheures féministes.
La proportion du total
de toutes les infractions sexuelles qui ont été commises par les patients
psychiatriques est estimée à 20,1% du total des infractions. Cependant,
l'étude établit que les agresseurs sexuels ont SIX fois plus de chances de
présenter un historique d'hospitalisation psychiatrique comparativement à la
population générale. Les agresseurs sexuels étaient significativement plus
exposés à souffrir d'un problème grave de santé mentale que la population
générale. Ces personnes constituent un risque particulièrement élevé que
s'empresse de minimiser «Brisons le silence». Il faudrait demander à MM.
Boisvenu et Bolduc de Sherbrooke, qui ont eu chacun une fille qui a été
assassinée par des récidivistes sexuels avec des problèmes graves de santé
mentale, ce qu'ils pensent des affirmations de «Brisons le silence». Il
faudrait aussi demander aux psychiatres ce qu'ils en pensent, alors que le
directeur de l'Institut Pinel dénonçait le 25 janvier dernier la politique de
désinstitutionalisation du gouvernement et le manque criant de ressources
alloués aux soins psychiatriques. Pendant ce temps, le gouvernement jette 1,3
million $ par les fenêtres pour une campagne de propagande qui vise avant tout
à faire plaisir aux groupes de pression et qui prend le parti du déni face aux
risques nettement plus importants de risque d'agression sexuelle par les
patients psychiatriques. (Source
La Presse).
L'abstract de l'article du Journal of
Clinical Psychology ne précise pas si les patients psychiatriques ont
perpétré des agressions sexuelles plus graves en moyenne que les participants
de la population générale. Il n'en demeure pas moins qu'ils comptent pour une
fraction disproportionnée des agresseurs sexuels et que faute d'un suivi
adéquat ils peuvent s'avérer les agresseurs les plus dangereux.
Voici les
principaux passages de l'abstract :
«Data were obtained from Swedish national registers for crime, hospital
discharge diagnoses (based on International Classification of Diseases
revisions 9 and 10), demographic, and socioeconomic factors for the years 1988
through 2000. All male sexual offenders (N = 8495) in Sweden were included and
compared with a random sample of male controls taken from the general
population (N = 19,935). The population attributable risk fraction (the
proportion of all sexual crimes throughout the study period that were
committed by patients with a history of psychiatric hospitalization) was also
estimated.
Results: After adjustment for demographic and socioeconomic confounders,
sexual offenders were 6 times more likely to have a history of psychiatric
hospitalization compared with the general population (OR = 6.3, 95% CI = 5.7
to 6.9). Sexual offenders were significantly more likely to have a severe
mental illness than the general population, whether this was schizophrenia (OR
= 4.8, 95% CI = 3.4 to 6.7), other psychoses (OR = 5.2, 95% CI = 3.9 to 6.8),
or bipolar affective disorder (OR = 3.4, 95% CI = 1.8 to 6.4). The proportion
of all sexual crimes committed by hospitalized psychiatric patients (the
population attributable risk fraction) was 20.1%. »
Source : Jouranl of Clinical Psychology, vol. 68, p. 588-596.
Les analyses sur la violence conjugale
montrent qu'une proportion significative des victimes de violence conjugale
grave rapportent des événements de coercition sexuelle de la part de leur
conjoint. Ces victimes (principalement d"un ex-conjoint) comptent pour une
proportion significative des victimes d'agression sexuelle comptabilisées
dans les statistiques policières.
Plusieurs études empiriques ont maintenant établi le risque élevé de
troubles de la personnalité ou de maladies mentales chez les agresseurs qui
ont recours à la violence grave.
Voir notamment Contexte et conséquences
de la violence conjugale envers les hommes et la femmes au Canada en 2004,
de l'institut de la statistique du Québec,
p 27-28 et p. 81-87 Source:
D'autres analyses indiquent que le fait d'avoir
été victime d'agression sexuelle dans l'enfance augmente significativement
le risque d'arrestation pour crime de violence à l'âge adulte (incluant sans
doute la commission d'agression sexuelle) et mettent en question la section
suivante du site «Brisons le silence»:
«Mythe: Les agresseurs sexuels ont eux-même été,
le plus souvent, victimes d'agression sexuelle dans le passé. Réalité : Les
statistiques démontrent que la grande majorité des personnes victimes
d'agression sexuelle ne commettront jamais d'agression sexuelle».
Extrait du site : "brisonslesilence.com",
propriété de "Secrétariat à la condition féminine"
dont le contact administratif est Jean-Philip
Tremblay du SCF, mis en ligne le 26 mars 2008
Ce passage de «Brisons le silence» souffre d'un
vice de logique. L'énoncé sous la rubrique «Réalité» peut être parfaitement
exact sans pour autant démontrer que l'énoncé sous la rubrique «Mythe»
constitue effectivement un mythe. En effet, même si la majorité des victimes
d'agression sexuelle ne commettent pas d'agression sexuelle par la suite,
cela ne démontre pas pour autant que la majorité des individus qui
commettent des agressions sexuelles n'ont pas été eux-mêmes victimes
d'agression sexuelle ou d'autres formes de mauvais traitements dans le passé
et plus précisément dans leur enfance.
Diverses études montrent que les personnes qui
ont subi des agressions sexuelles et d'autres formes de mauvais traitements
dans leur enfance présentent un risque plus élevé de recourir à l'agression
violente à l'âge adulte :
Voici un extrait de
l'article.
«We conducted a logistic regression analysis looking at the risk of arrest
for a
violent crime with distinct types of abuse or neglect and controls for gender
and
racejethnicity. Based on this analysis, we found that physical abuse,
sexual abuse,
neglect, and emotional abuse each predicted higher rates of arrest for
violence
compared to controls (see Table 11). These findings contrast to the
earlier findings of
Widom (1989) and Maxfield and Widom (1996) who found that physical abuse and
neglect were associated with higher rates of violence, but that childhood
sexual abuse
was not.»
À la page 44 du fichier (p. 37 de l'analyse)
Un rapport récent du chercheur Murray A Straus
étudie le rapport entre diverses formes de mauvais traitements dans
l'enfance, y compris les agressions sexuelles, et le recours à la coercition
sexuelle dans les relations amoureuses chez des étudiants de niveau
universitaire dans un échantillon d'universités de divers pays.
L'échantillon est de 13 877 étudiants dans 32 pays.
Murray A. Straus et Manuel Gamez-Guadix (2008).
Childhood and Adolescent Victimization and
Sexual Coercion and Assault by Male and Female University Students.
«For both men and women, each of the
three forms of prior victimization studied were associated with an increased
probability of antisocial behavior, which in turn was associated with an
increased probability of verbally coercing and physically forcing sex.
Most of the direct paths from victimization to sexual coercion were also
statistically significant. Conclusions: In addition to sexual abuse,
relatively mild victimization such as corporal punishment and seemingly
innocuous forms of neglect are part of the etiology of sexually coercive
behavior. Because those mild forms of victimization are highly prevalent,
steps to reduce their prevalence could be an import step in primary
prevention of sexual coercion».
Enfin, comme une proportion très importante
des victimes d'agression sexuelle sont des enfants, de sexe tant masculin
que féminin, il est important de garder à l'esprit que les conséquences des
agressions sexuelles sont aussi graves pour les garçons que pour les filles
et qu'une attention comparable doit être accordée aux risque d'agression
chez les garçons et chez les filles.
Cet article offre une brève revue de la
littérature sur la question:
Scott Young, Kelli-Lee Harford, Bill Kinder
et Jodi K. Savell (2007).
The Relationship Between Childhood Sexual
Abuse and Adult Mental Health Among Undergraduates: Victim Gender doesn't
Matter, Journal of Interpersonal Violence, vol. 22, no. 10, October
2007, p. 1315-1331.
Voici la conclusion générale de l'article sur
la question des conséquences du Child Sexual Abuse (CSA):
«A
Pearson chi-square test indicated that
a significantly greater proportion of
females (41.6%) than males (30.7%)
reported a history of CSA.
ANCOVAs tested whether gender, CSA status, and their interaction were
related to adult mental health symptomatology as measured by Brief Symptom
Inventory gender-normed t scores. Participants with a
history of CSA reported
significantly higher levels of global mental health problems, hostility,
paranoid ideation, and psychoticism. The gender by CSA status interaction
was not significant for any scale, indicating that the harmful effects
of
CSA on adult mental health did not vary by gender».
"BRISONS LE SILENCE"... une autre
propagande féministe aux frais des contribuables!
À suivre...
Jean-Pierre Gagnon
avec l'équipe de recherche de
L'APRÈS-RUPTURE