Les médias sont à gauche
Vous
avez remarqué comment à toutes les fois qu’un journaliste parle de
l’Institut économique de Montréal, de l’Institut Fraser à Vancouver ou
d’un quelconque politicien républicain aux États-Unis, il se fait un
devoir de définir ce dont il parle? «L’Institut économique de Montréal,
ce laboratoire de la pensée néolibérale», «le très conservateur Fraser
Institute», «le très controversé machintruc». Idem lorsqu’il parle de
quelqu’un qui selon lui est «controversé», mais qui oeuvre désormais
dans un organisme qui ne l’est pas, ce même journaliste s’empresse de
déterrer le passé du personnage pour mieux le définir. Ainsi Michel
Kelly-Gagnon n’est pas seulement le président du Conseil du patronat du
Québec, il est aussi l’ex-président de «l’Institut économique de
Montréal, un think tank de droite». Maxime Bernier n’est pas
seulement le ministre des Affaires étrangères du Canada, il est aussi
l’ancien vice-président de «l’Institut économique de Montréal, un lobby
de droite». Mais quand notre journaliste cause d’organismes comme Option
consommateurs, Équiterre, ou l’Action terroriste socialement acceptable,
ou qu’il rapporte les propos de personnalités telles que Françoise
David, Claudette Carbonneau ou Léo-Paul Lauzon, rien. Pas de définition.
C’est comme s’il tenait pour acquis qu’il s’agit là d’organismes ou de
personnalités qui sont de notre côté. Qui sont comme nous. Donc, qu’il
est inutile de définir.De même, à toutes les fois qu’un journaliste traite de la course à la Maison-Blanche, il parle d’abord du clan démocrate, de l'ex-première dame Hillary Clinton et de l'«étoile montante» Barack Obama. Il parle ensuite des déboires des autres candidats démocrates en lice, de leur positionnement dans le sondage de l’heure et des petites controverses les entourant. Il offre un bref aperçu de la situation dans le clan républicain seulement s’il lui reste un peu de temps ou de l’espace. Dans La Presse de ce matin, l’auteur et commentateur politique John Parisella signe un papier très représentatif de la position mainstream des médias québécois. Dans un texte intitulé: «Si j’étais Américain…», il nous fait part de ses états d’âme en tant que Canadien observant l’actuelle campagne américaine. Il écrit que «seul le Parti démocrate présente des candidats proches de ces valeurs qui m’habitent» et que même si les politiques de Hillary Clinton sont progressistes et qu’elle bénéficie «d’un des meilleurs cerveaux politiques de sa génération [rien de moins!] en la personne de son mari, l’ancien président Bill Clinton», il voterait pour Barack Obama. Encore une fois, c’est comme si la majorité des journalistes de la Belle Province tenaient pour acquis que ce qui intéresse le lectorat québécois lorsque vient le temps de parler de politique américaine, c’est la version démocrate des choses.
http://www.leblogueduql.org/2007/12/les-mdias-sont.html#comment-95608410


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