Le
vendredi 07 mars 2008
Un prof condamné à la prison pour avoir eu des relations avec
une ado
La
Presse Canadienne
Trois-Rivières
Un
enseignant d'une école secondaire de Trois-Rivières a été condamné à purger
trois mois de prison ferme, vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières,
pour avoir eu des relations sexuelles avec une élève de 13 ans.
Steven Gorgerat, âgé de 40 ans, a perdu son emploi dès qu'il a reconnu avoir
commis les gestes qu'on lui reprochait.
La victime n'a jamais dénoncé l'enseignant. En fait, elle a été même choquée
qu'on découvre ainsi l'idylle qu'elle vivait avec l'homme. C'est sa mère qui a
découvert la relation amoureuse de sa fille parce qu'elle avait oublié de
fermer son site de courriels par internet. Surprise et déçue d'apprendre ce
qui se passait, elle s'est rendue chez l'enseignant. Elle a alors vu sa fille
en sa compagnie.
La jeune fille aimait se confier à Steven Gorgerat. Elle lui racontait ses
problèmes avec son copain et lui aimait bien recevoir les confidences de
l'adolescente. Au fil des semaines, la jeune fille lui aurait avoué son amour
et lui aurait demandé d'expérimenter sa première relation sexuelle avec un
homme doux et mature. Si, au départ, il ne s'agissait que des baisers, des
caresses et des gestes de tendresse, trois mois après leurs premiers échanges
amoureux, ils ont eu une première relation sexuelle complète. Par la suite, a
noté le juge Guy Lambert, ils ont eu des rapports sexuels complets, à raison
d'une fois par semaine pendant cinq mois.
Selon ce que la mère a dit au tribunal, la jeune fille est vraiment confuse,
puisqu'elle a vécu un conte de fées avec l'accusé, mais elle a aussi pris
conscience que cet amour était impossible.
Dans une lettre adressée au tribunal, la jeune fille demande au juge de s'en
tenir à la peine minimale de 45 jours de prison ferme prévue par la loi. Elle
insiste sur le fait que cet homme a perdu son emploi et que cela est déjà
suffisant. Elle ajoute que si la sentence devait être plus importante, cela
pourrait avoir des conséquences sur son quotidien. L'adolescente a résumé sa
pensée en écrivant: «Je me suis toujours sentie respectée par Steven Gorgerat
et je ne le considère aucunement dangereux pour la société.»
Le procureur aux poursuites criminelles et pénales chargé du dossier, Me
Jean-Marc Poirier, aurait souhaité que le tribunal impose une sentence de 12
mois de prison ferme, du fait que l'accusé était en situation d'autorité,
qu'il était un enseignant et un ami de la famille et que la jeune fille
n'avait que 13 ans. Me Poirier avait insisté sur le fait que la confiance du
public envers ses institutions scolaires devait être totale et sans réserve.
En contrepartie, Me Yvan Braun, le procureur de l'accusé, avait demandé la
peine minimale en plaidant le fait que son client n'avait aucun antécédent
judiciaire, qu'il éprouvait beaucoup de remords, qu'il avait perdu son emploi
et que la médiatisation de cette affaire l'avait beaucoup affecté.
Le juge Lambert n'avait pas le choix d'imposer une peine de prison ferme. Il a
opté pour une sentence de trois mois de prison en soulignant que l'accusé,
comme éducateur, avait trahi sa mission.