Le Secrétariat à la condition
féminine donne neuf raisons qui expliquent pourquoi les hommes sont
mieux payés que les femmes. Alors pourquoi le gouvernement
Charest-Jérome-Forget a-t-il payé 8milliards de dollars en équité
salariale?
Le 16 janvier 2008 la
ministre, la ministre de la
Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine
St-Pierre, rendait public un document intitulé
«D’égale à égale ?– Portrait statistique des femmes et des hommes »,
que l’on peut consulter sur le site Internet du Secrétariat à la
condition féminine (www.scf.gouv.qc.ca).
Dans le communiqué de la ministre on peut lire :«Cet
ouvrage s'inscrit dans la foulée de la nouvelle politique
gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes, Pour que
l'égalité de droit devienne une égalité de fait, rendue publique le 16
décembre 2006.(…) Ces statistiques descriptives permettent d'apprécier
l'évolution comparée de la situation socioéconomique des femmes et des
hommes au Québec en présentant divers indicateurs qui mesurent les
écarts entre les conditions de vie des femmes et celles des hommes.
Les statistiques portent principalement sur la période de 1993-2006,
l'année 1993 marquant la dernière politique de condition féminine»
Bref, le document est authentique, il est approuvé par la ministre, le
gouvernement. Or, nous pouvons extraire de ce compendium un ensemble de
constats qui viennent directement en contradiction avec les raisons qui
ont été invoquées pour justifier la Loi sur l’équité salariale. Rappelons
que la thèse des auteurs de cette loi et des gouvernements péquiste et
libéral qui se sont entêtés à la mettre en œuvre est que le marché
discriminerait de façon systémique contre les femmes, principalement
contre les catégories d’emplois dans lesquelles les femmes sont
majoritaires. Cette discrimination se produirait parce que ce sont les
hommes qui manipulent ce marché et que c’est leur attitude machiste ou
patriarcale qui les amènerait à vouloir ainsi inférioriser les femmes.
1-
Les
constats du document «D’égale à égal ?»
Pourtant, une lecture attentive des chapitres 4,6 et 7 de ce document
nous informe qu’il y a des raisons objectives qui expliquent pourquoi
les hommes sont mieux rémunérés que les femmes et elles n’ont rien à voir
avec un soi-disant sexisme du marché. Nous en avons relevé huit qui sont
indiscutables. Quelques notes ont été ajoutées pour favoriser une
meilleure compréhension du contexte.
Chapitre 4 Caractéristiques des employés et des emplois.
(1)- « En 2005, 39 % des femmes sont syndiquées, comparativement à
42 % des hommes. Par ailleurs, une différence importante distingue le
secteur public du secteur privé. Dans le secteur public, quatre
travailleuses et travailleurs sur cinq sont syndiqués. Dans le secteur
privé, seule une minorité l’est en 2005, soit une femme sur cinq et un
homme sur trois.
(Note.
On oublie de dire que les femmes occupent 70% des emplois
dans les secteurs public et parapublic qui bénéficient en plus de la
sécurité d’emploi).
(2)--
En 2005, 53 % des employés temporaires étaient des femmes (51 % en
1997)
(3)--
Les femmes constituent un peu plus des deux tiers des employés à
temps partiel (Note On omet de dire que, d’après une enquête,
c’est par choix qu’un grand nombre de femmes travaillent à temps partiel).
(4)--
Près de 60 % des femmes salariées et 75 % des hommes salariés ont une
semaine de travail habituelle de 35 à 40 heures. Un peu moins du tiers
des travailleuses font une semaine de moins de 35 heures, alors que c’est
le cas du quart des hommes. Parmi les personnes qui effectuent plus de
40 heures par semaine, on observe une proportion presque deux fois plus
importante d’hommes que de femmes (17,2 % et 9,7 % respectivement). (Note
Donc, les hommes travaillent plus d’heures régulières)
(5)--
En 2004, au Québec, les travailleurs effectuent
annuellement plus d’heures de travail supplémentaires que les
travailleuses (une moyenne de 39 heures non rémunérées, et de 50
heures rémunérées chez les hommes, comparativement à 32 heures non
rémunérées et 20 heures rémunérées chez les femmes). La différence la plus
importante a trait aux heures supplémentaires rémunérées, plus nombreuses
chez les hommes, l’écart entre les sexes étant de 30 heures
annuellement. (Note Donc, les hommes travaillent aussi plus
d’heures supplémentaires. On ne souligne pas qu’au total les hommes
travaillent 89 heures en temps supplémentaires (rémunéré et non rémunéré)
et les femmes 52. C’est certainement la différence la « plus indéniable
entre les sexes)
(6)-- «Le nombre annuel d’heures d’absence cumulées par les femmes,
pour des obligations personnelles ou familiales, est près de six fois plus
important que pour les hommes. Les femmes s’absentent également un peu
plus pour maladie ou incapacité. Les hommes, pour leur part, s’absentent
proportionnellement plus que les femmes pour les motifs suivants : les
vacances, les jours fériés ou d’autres raisons. En somme, les
hommes s’absentent moins du travail que les femmes, et lorsque ces
dernières le font, c’est principalement pour des obligations
personnelles ou familiales». (Note. Fascinant. On retient que
les femmes s’absentent pour des obligations personnelles ou
familiales (c’est très beau) ou pour maladie ou incapacité (pas le choix)
alors que les hommes s’absentent pour des vacances, jours fériés ou
autres raisons (beaucoup moins beau). Ils travaillent deux fois plus
mais ils ne devraient pas prendre de vacances ni s’absenter les jours
fériés.
Chapitre 6 Postes décisionnels.
(7)-
Durant la période 2001 à 2005, on constate une très faible augmentation du
nombre de femmes occupant des postes de haute direction dans la fonction
publique québécoise. Les femmes représentent 38 % de l’effectif en mars
2005. Par ailleurs, l’augmentation du nombre de femmes gestionnaires se
révèle plus significative : on constate une croissance de 6 points de
pourcentage entre 2001 et 2005 (de 25 % à 31 %). (Note : Il
s’ensuit, forcément, que les femmes ont des salaires moins élevés encore
pour un temps. En effet, une autre loi de discrimination positive «sur
l’accès à l’égalité en emploi» assure aux femmes d’être promues de
préférence aux hommes de sorte que le «retard» devrait être rapidement
comblé. Toute le monde sait qu’une fleur pousse plus vitre si on tire
dessus.»
Chapitre 7 Rémunération – Précarité – Pauvreté.
(8)-- Le taux (d’activité) des femmes de 15 ans ou plus, de 41,4 % qu’il
était en 1976, grimpe à 59,9 % en 2005. (…) Le premier fait que l’on
constate est une amélioration certaine, notamment au cours de la dernière
décennie, du revenu féminin total, ou du revenu d’emploi, du salaire ou
de la rémunération horaire, que cette amélioration soit en partie
imputable à une scolarisation accrue ou à une
croissance de l’activité dans un emploi à temps plein
(9)-- «La
proportion d’entre elles qui n’ont pas d’emploi permanent dépasse
celle observée pour les hommes, et ce, quel que soit le niveau de
formation. Ce facteur peut avoir une certaine incidence sur le salaire,
puisqu’au Québec, les données témoignent d’une rémunération horaire
inférieure quand il s’agit d’un emploi temporaire plutôt que permanent.
La rémunération horaire d’une travailleuse à temps partiel est, en 2005,
de 4 $ inférieure à celle d’une travailleuse à temps plein; dans le cas
des hommes qui travaillent à temps partiel, cette rémunération horaire est
de 8 $ plus faible que celle des travailleurs à temps plein. De plus,
en 2004, une proportion presque deux fois plus importante de femmes que
d’hommes, soit 6 % par rapport à 3 %, sont rémunérées au salaire minimum.
En 2004, 61 % des personnes rémunérées au salaire
minimum sont des femmes
En
2004, 61 % des personnes rémunérées au salaire minimum sont des femmes
.Au Québec, en 2002,
608 000 femmes et 517 000 hommes étaient exposés à un risque de pauvreté,
soit 16 % des
femmes et près de 15% des hommes.
Conclusion
Il nous semble inconcevable que le Secrétariat à la
condition féminine, comme le Conseil du statut de la femme d’ailleurs,
puisse continuer de réitérer périodiquement son appui à la Loi sur
l’équité salariale alors que ses propres statistiques prouvent que l’écart
entre la rémunération des hommes et des femmes est pleinement justifié par
des facteurs objectifs qui n’ont rien à voir avec un soi-disant sexisme du
marché.
Mais quelle peut
bien être l’explication de ce comportement tout à fait incohérent ? On
pourrait penser qu’il s’agit tout simplement d’une autre création de
l’imaginaire victimaire féministe et qu’elle n’a aucune importance. Hélas
non et non. Nous croyons au contraire que le lobby féministe est
pleinement conscient que la Loi sur l’équité salariale a des implications
très concrètes et surtout qu’elle est extrêmement payante comme en
témoigne le fait que le gouvernement ait,
en 2007, versé
8 milliards de
dollars
aux femmes employées dans les secteurs public et parapublic en vertu de
cette loi.
Une
seule explication à cet enrichissement sans cause qui, rappelons- le, a
été acquis au prix du gel des salaires des employés masculins durant deux
ans, la cupidité d’un groupe de pression qui n’a aucun réel souci de
l’équité malgré ses prétentions au contraire.
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Il est tout aussi
fascinant de constater que le Secrétariat du Conseil du trésor, avait lui
aussi, précédemment, identifié des facteurs objectifs qui expliquent
l’écart entre la rémunération des femmes et des hommes dans le secteur
public.
2-
Les constats du
Conseil du trésor
Dans sa
publication «L’effectif de la fonction publique du Québec 2005-2006» le
Secrétariat écrit aux pages 24 et 26 :
« L’écart entre le
traitement moyen des hommes et celui des femmes diminue continuellement
depuis 2002-2003, se chiffrant légèrement sous la barre des 10 000 $, en
2005-2006 (9 834 $).
• L’analyse d’une
combinaison de facteurs permet de mieux comprendre les raisons de cet
écart :
- (1) - Les
femmes possèdent une plus grande représentation dans les catégories
d’emplois ayant un traitement moyen plus faible. Ainsi, dans
l’effectif régulier, en mars 2006 : 63,7 % des femmes occupaient un emploi
dans les catégories des techniciens, du personnel de bureau et des
ouvriers comparativement à 38,3 % des hommes.
- (2) -
Globalement, les femmes possèdent un nombre inférieur d’années de
service comparativement aux hommes. Ainsi, dans l’effectif régulier,
en mars 2006 :
---- 42,3 % des
femmes comptaient moins de 10 années de service comparativement à 33,4 %
des hommes ;
---- à l’opposé,
42,5 % des hommes comptaient 20 années de service ou plus comparativement
à 35,3 % des femmes.
- (3)-
Globalement, les femmes possèdent un nombre inférieur d’heures de travail
hebdomadaires comparativement aux hommes. Ainsi, dans l’effectif régulier,
en mars 2006 :
---- 25,8 % des
femmes avaient un horaire de travail de moins de 35 heures par semaine
comparativement à 11,9 % des hommes ;
---- à l’opposé,
15,8 % des hommes avaient un horaire de travail de plus de 35 heures par
semaine comparativement à 5,5 % des femmes. »
Conclusion
Que
le gouvernement Charest-Jérôme-Forget ait également décidé d’accorder 8
milliards de dollars en équité salariale alors que son propre Secrétariat
du Conseil du trésor avait expliqué objectivement les raisons de l’écart
salarial, constitue un véritable scandale. Une seule explication, le
racolage électoral de 358 000 femmes.
Source:
Homme d'aujourd'hui